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Espaces vectoriels

Mathématiques · 2ème Bac Sciences Maths A · 5 exercices

Les 13 méthodes que le national demande ici

Méthode officielle

Structure d'espace vectoriel réel, sous-espaces, familles libres/génératrices, bases et dimension.

L'intuition

Imagine que tu es un architecte et que tu dois construire des bâtiments. Pour cela, tu as besoin de briques de base. Ces briques sont les "vecteurs". Tu peux les assembler (les "additionner") pour créer des structures plus grandes, ou les multiplier (les "scaler") pour les rendre plus grandes ou plus petites.

L'espace vectoriel, c'est ton chantier. C'est l'ensemble de toutes les structures que tu peux construire avec tes briques, en respectant certaines règles. Par exemple, si tu as une brique rouge et une brique bleue, tu peux faire une structure rouge et bleue. Si tu as deux briques rouges, tu peux en faire une plus grande. Mais tu ne peux pas, par exemple, transformer une brique en un fruit. Les règles sont strictes.

Les "dimensions" de ton chantier, c'est le nombre minimum de briques différentes dont tu as besoin pour construire n'importe quelle structure sur ce chantier. Si tu peux tout construire avec seulement deux types de briques (par exemple, une brique qui va vers le nord et une autre qui va vers l'est), alors ton chantier est en 2 dimensions. Si tu as besoin d'une brique pour le nord, une pour l'est, et une pour le haut, alors ton chantier est en 3 dimensions.

Un "sous-espace vectoriel", c'est une partie de ton chantier où tu peux construire des structures qui respectent les mêmes règles, mais qui sont peut-être plus limitées. Par exemple, si ton chantier est en 3D, un sous-espace pourrait être juste le sol (2D), ou une ligne droite (1D).

x: 0..10 = 5 y: 0..10 = 5 z: 0..10 = 5 range: -1..10 observe: Imagine que x, y, z sont les dimensions d'une pièce. Si tu ne peux te déplacer que sur le sol (x, y), tu es dans un sous-espace vectoriel de dimension 2. Si tu ne peux te déplacer que le long d'un mur (x, z), c'est un autre sous-espace.

Le cours

Un espace vectoriel est une structure fondamentale en mathématiques. Il généralise la notion de vecteurs que tu connais en géométrie.

I. Structure d'espace vectoriel réel

Un ensemble EE est un espace vectoriel réel (ou R\mathbb{R}-espace vectoriel) si :

  1. EE est non vide.
  2. EE est muni d'une loi de composition interne, appelée addition de vecteurs, notée ++ : (u,v)E2,u+vE\forall (u, v) \in E^2, u+v \in E.
  3. EE est muni d'une loi de composition externe, appelée multiplication par un scalaire, notée \cdot : (α,u)R×E,αuE\forall (\alpha, u) \in \mathbb{R} \times E, \alpha \cdot u \in E.

Ces deux lois doivent vérifier les huit axiomes suivants :

Axiomes de l'addition :

  • A1. Commutativité : (u,v)E2,u+v=v+u\forall (u, v) \in E^2, u+v = v+u.
  • A2. Associativité : (u,v,w)E3,(u+v)+w=u+(v+w)\forall (u, v, w) \in E^3, (u+v)+w = u+(v+w).
  • A3. Élément neutre : Il existe un unique vecteur 0EE0_E \in E, appelé vecteur nul, tel que uE,u+0E=u\forall u \in E, u+0_E = u.
  • A4. Opposé : uE\forall u \in E, il existe un unique vecteur uE-u \in E, appelé opposé de uu, tel que u+(u)=0Eu+(-u) = 0_E.

Axiomes de la multiplication par un scalaire :

  • M1. Distributivité par rapport à l'addition des vecteurs : αR,(u,v)E2,α(u+v)=αu+αv\forall \alpha \in \mathbb{R}, \forall (u, v) \in E^2, \alpha \cdot (u+v) = \alpha \cdot u + \alpha \cdot v.
  • M2. Distributivité par rapport à l'addition des scalaires : (α,β)R2,uE,(α+β)u=αu+βu\forall (\alpha, \beta) \in \mathbb{R}^2, \forall u \in E, (\alpha+\beta) \cdot u = \alpha \cdot u + \beta \cdot u.
  • M3. Associativité mixte : (α,β)R2,uE,(αβ)u=α(βu)\forall (\alpha, \beta) \in \mathbb{R}^2, \forall u \in E, (\alpha \beta) \cdot u = \alpha \cdot (\beta \cdot u).
  • M4. Élément neutre : uE,1u=u\forall u \in E, 1 \cdot u = u.

Exemples d'espaces vectoriels :

  • (Rn,+,)(\mathbb{R}^n, +, \cdot) est un R\mathbb{R}-espace vectoriel pour nNn \in \mathbb{N}^*. C'est l'exemple le plus courant, notamment pour n=2n=2 ou n=3n=3.
  • L'ensemble des fonctions continues sur un intervalle [a,b][a,b] est un espace vectoriel.
  • L'ensemble des polynômes de degré inférieur ou égal à nn, Rn[X]\mathbb{R}_n[X], est un espace vectoriel.

Vérifie que tu suis

Parmi les ensembles suivants, lequel est un espace vectoriel réel ?

II. Sous-espaces vectoriels

Un sous-ensemble FF d'un espace vectoriel EE est un sous-espace vectoriel de EE si FF est lui-même un espace vectoriel pour les mêmes lois que EE.

Pour montrer qu'un sous-ensemble FF est un sous-espace vectoriel, il suffit de vérifier trois conditions :

Théorème (Caractérisation d'un sous-espace vectoriel) : Soit (E,+,)(E, +, \cdot) un R\mathbb{R}-espace vectoriel et FF un sous-ensemble de EE. FF est un sous-espace vectoriel de EE si et seulement si :

  1. FF \neq \emptyset (ou plus simplement, 0EF0_E \in F).
  2. FF est stable par addition : (u,v)F2,u+vF\forall (u, v) \in F^2, u+v \in F.
  3. FF est stable par multiplication par un scalaire : (α,u)R×F,αuF\forall (\alpha, u) \in \mathbb{R} \times F, \alpha \cdot u \in F.

Ces deux dernières conditions peuvent être regroupées en une seule : FF est stable par combinaison linéaire : (α,β)R2,(u,v)F2,αu+βvF\forall (\alpha, \beta) \in \mathbb{R}^2, \forall (u, v) \in F^2, \alpha \cdot u + \beta \cdot v \in F.

Exemple : Montrer que F={(x,y)R2/y=3x}F = \{(x,y) \in \mathbb{R}^2 / y = -3x\} est un sous-espace vectoriel de R2\mathbb{R}^2.

  1. 1

    1. FF \neq \emptyset

    Le vecteur nul (0,0)(0,0) vérifie 0=300 = -3 \cdot 0, donc (0,0)F(0,0) \in F. Ainsi FF \neq \emptyset.

  2. 2

    1. Stabilité par addition

  3. 3

    u+v=(x1+x2,y1+y2)u+v = (x_1+x_2, y_1+y_2). On vérifie si y1+y2=3(x1+x2)y_1+y_2 = -3(x_1+x_2).

  4. 4

    y1+y2=3x1+(3x2)=3(x1+x2)y_1+y_2 = -3x_1 + (-3x_2) = -3(x_1+x_2). Donc u+vFu+v \in F.

  5. 5

    1. Stabilité par multiplication par un scalaire

  6. 6

    αu=(αx,αy)\alpha \cdot u = (\alpha x, \alpha y). On vérifie si αy=3(αx)\alpha y = -3(\alpha x).

  7. 7

    αy=α(3x)=3(αx)\alpha y = \alpha (-3x) = -3(\alpha x). Donc αuF\alpha \cdot u \in F.

  8. 8

    Conclusion

III. Familles de vecteurs

A. Combinaison linéaire

Un vecteur vEv \in E est une combinaison linéaire des vecteurs (v1,,vn)(v_1, \dots, v_n) si il existe des scalaires (α1,,αn)Rn(\alpha_1, \dots, \alpha_n) \in \mathbb{R}^n tels que v=α1v1++αnvnv = \alpha_1 v_1 + \dots + \alpha_n v_n.

B. Famille génératrice

Une famille de vecteurs (v1,,vn)(v_1, \dots, v_n) est une famille génératrice de EE si tout vecteur de EE peut s'écrire comme une combinaison linéaire de (v1,,vn)(v_1, \dots, v_n). Autrement dit, uE,(α1,,αn)Rn\forall u \in E, \exists (\alpha_1, \dots, \alpha_n) \in \mathbb{R}^n tels que u=α1v1++αnvnu = \alpha_1 v_1 + \dots + \alpha_n v_n. On dit alors que EE est engendré par (v1,,vn)(v_1, \dots, v_n), et on note E=Vect(v1,,vn)E = \text{Vect}(v_1, \dots, v_n).

C. Famille libre

Une famille de vecteurs (v1,,vn)(v_1, \dots, v_n) est libre si la seule combinaison linéaire de ces vecteurs qui est égale au vecteur nul est celle dont tous les coefficients sont nuls. Autrement dit, α1v1++αnvn=0E    α1==αn=0\alpha_1 v_1 + \dots + \alpha_n v_n = 0_E \implies \alpha_1 = \dots = \alpha_n = 0. Si une famille n'est pas libre, elle est dite liée. Dans une famille liée, au moins un vecteur peut s'exprimer comme combinaison linéaire des autres.

Exemple : Déterminer si les vecteurs u=(1,2)u = (1, 2) et v=(3,6)v = (3, 6) sont linéairement indépendants (libres) ou linéairement dépendants (liés) dans R2\mathbb{R}^2.

  1. 1

    1. Poser la combinaison linéaire nulle

    Soient α,βR\alpha, \beta \in \mathbb{R} tels que αu+βv=0R2\alpha u + \beta v = 0_{\mathbb{R}^2}.

  2. 2

    α(1,2)+β(3,6)=(0,0)\alpha (1, 2) + \beta (3, 6) = (0, 0).

  3. 3

    1. Écrire le système d'équations

  4. 4

    Ce qui donne le système :

  5. 5

    {α+3β=02α+6β=0\begin{cases} \alpha + 3\beta = 0 \\ 2\alpha + 6\beta = 0 \end{cases}

  6. 6

    1. Résoudre le système

  7. 7

    Le système se réduit à une seule équation : α=3β\alpha = -3\beta.

  8. 8

    1. Conclure

  9. 9

    On a trouvé des coefficients non nuls (α=3,β=1\alpha = -3, \beta = 1) tels que 3u+1v=0R2-3u + 1v = 0_{\mathbb{R}^2}.

  10. 10

    Donc la famille (u,v)(u, v) est liée.

Vérifie que tu suis

Si une famille de vecteurs contient le vecteur nul, est-elle libre ou liée ?

D. Base d'un espace vectoriel

Une famille de vecteurs (e1,,en)(e_1, \dots, e_n) est une base de l'espace vectoriel EE si elle est à la fois :

  1. Libre
  2. Génératrice de EE.

Si un espace vectoriel admet une base, il est dit de dimension finie. Tous les espaces vectoriels que tu étudieras au Bac sont de dimension finie.

Propriétés importantes :

  • Si (e1,,en)(e_1, \dots, e_n) est une base de EE, alors tout vecteur uEu \in E s'écrit de manière unique comme une combinaison linéaire des vecteurs de la base : u=x1e1++xnenu = x_1 e_1 + \dots + x_n e_n. Les scalaires (x1,,xn)(x_1, \dots, x_n) sont appelés les coordonnées de uu dans la base (e1,,en)(e_1, \dots, e_n).
  • Toutes les bases d'un même espace vectoriel de dimension finie ont le même nombre de vecteurs.

IV. Dimension d'un espace vectoriel

La dimension d'un espace vectoriel EE, notée dim(E)\dim(E), est le nombre de vecteurs dans n'importe quelle de ses bases.

Exemples :

  • dim(R2)=2\dim(\mathbb{R}^2) = 2. La base canonique est ((1,0),(0,1))((1,0), (0,1)).
  • dim(R3)=3\dim(\mathbb{R}^3) = 3. La base canonique est ((1,0,0),(0,1,0),(0,0,1))((1,0,0), (0,1,0), (0,0,1)).
  • dim(Rn[X])=n+1\dim(\mathbb{R}_n[X]) = n+1. Une base est (1,X,X2,,Xn)(1, X, X^2, \dots, X^n).

Théorèmes clés :

  • Dans un espace vectoriel de dimension nn, toute famille libre de nn vecteurs est une base.
  • Dans un espace vectoriel de dimension nn, toute famille génératrice de nn vecteurs est une base.
  • Dans un espace vectoriel de dimension nn, une famille de plus de nn vecteurs est nécessairement liée.
  • Dans un espace vectoriel de dimension nn, une famille de moins de nn vecteurs ne peut pas être génératrice.

Dimension d'un sous-espace vectoriel : Si FF est un sous-espace vectoriel de EE, alors dim(F)dim(E)\dim(F) \le \dim(E). De plus, si dim(F)=dim(E)\dim(F) = \dim(E), alors F=EF = E.

Exemple résolu

Cet exercice est tiré d'une annale réelle et te montre comment appliquer les concepts.

On considère l'espace vectoriel de dimension 22 noté (V,+,)(V, +, \cdot). Soit (i,j)(i, j) une base de VV. On pose : e1=i+je_1 = i + j et e2=ije_2 = i - j.

  1. a- Montrer que (e1,e2)(e_1, e_2) est une base de VV. b- Vérifier que : e1×e1=e1e_1 \times e_1 = e_1; e1×e2=e2e_1 \times e_2 = e_2; e2×e1=e2e_2 \times e_1 = e_2; e2×e2=0e_2 \times e_2 = 0. (Note: cette partie concerne une loi de composition interne ×\times qui n'est pas la multiplication scalaire habituelle, elle est définie dans l'énoncé complet mais non fournie ici. Nous nous concentrerons sur la partie vectorielle.)

Solution détaillée pour 1-a :

  1. 1

    1. Identifier la dimension de l'espace

    L'énoncé dit que VV est un espace vectoriel de dimension 2.

  2. 2

    1. Déterminer le nombre de vecteurs dans la famille à tester

  3. 3

    1. Appliquer le théorème approprié

  4. 4

    1. Poser la combinaison linéaire nulle

  5. 5

    1. Remplacer e1e_1 et e2e_2 par leurs expressions en fonction de la base (i,j)(i, j)

  6. 6

    1. Regrouper les termes en ii et jj

  7. 7

    1. Utiliser le fait que (i,j)(i, j) est une base

  8. 8

    {α+β=0αβ=0\begin{cases} \alpha+\beta = 0 \\ \alpha-\beta = 0 \end{cases}

  9. 9

    1. Résoudre le système

  10. 10

    En soustrayant la deuxième de la première : (α+β)(αβ)=0    2β=0    β=0(\alpha+\beta) - (\alpha-\beta) = 0 \implies 2\beta = 0 \implies \beta = 0.

  11. 11

    1. Conclure

  12. 12

    1. Finaliser la démonstration

La méthode

Voici les gestes types que le correcteur attend.

M.1. Montrer qu'un ensemble est un espace vectoriel

C'est rare qu'on te demande de vérifier les 8 axiomes. Généralement, on te donne un ensemble EE et on te dit que c'est un espace vectoriel, ou bien on te demande de montrer qu'un sous-ensemble FF est un sous-espace vectoriel.

M.2. Montrer qu'un sous-ensemble FF est un sous-espace vectoriel de EE

  1. Vérifier que FF est non vide : Le plus simple est de montrer que le vecteur nul de EE appartient à FF.
    • Geste : Écris 0E=(0,,0)0_E = (0, \dots, 0) (si E=RnE=\mathbb{R}^n) ou 0E(x)=00_E(x)=0 (si EE est un espace de fonctions), et vérifie s'il satisfait la condition de FF.
  2. Vérifier la stabilité par combinaison linéaire (méthode rapide) :
    • Geste : Prends deux vecteurs u,vFu, v \in F et deux scalaires α,βR\alpha, \beta \in \mathbb{R}.
    • Geste : Forme la combinaison linéaire αu+βv\alpha u + \beta v.
    • Geste : Vérifie si αu+βv\alpha u + \beta v satisfait la condition qui définit FF.
    • Alternative (deux étapes) : Vérifier la stabilité par addition, puis la stabilité par multiplication scalaire. C'est plus long mais parfois plus clair.

M.3. Montrer qu'une famille de vecteurs est libre

  1. Poser la combinaison linéaire nulle : Soit la famille (v1,,vn)(v_1, \dots, v_n). Écris α1v1++αnvn=0E\alpha_1 v_1 + \dots + \alpha_n v_n = 0_E.
  2. Traduire en système d'équations : Si les vecteurs sont des nn-uplets, cela donne un système linéaire homogène.
  3. Résoudre le système : Cherche les valeurs de α1,,αn\alpha_1, \dots, \alpha_n.
  4. Conclure :
    • Si la seule solution est α1==αn=0\alpha_1 = \dots = \alpha_n = 0, alors la famille est libre.
    • Si tu trouves au moins une solution avec des coefficients non tous nuls, alors la famille est liée.

M.4. Montrer qu'une famille de vecteurs est génératrice

  1. Prendre un vecteur uu quelconque de EE : Écris u=(x,y,z)u = (x, y, z) si E=R3E=\mathbb{R}^3, par exemple.
  2. Poser l'équation de la combinaison linéaire : Écris u=α1v1++αnvnu = \alpha_1 v_1 + \dots + \alpha_n v_n.
  3. Traduire en système d'équations : Cela donne un système linéaire avec x,y,zx, y, z comme seconds membres et α1,,αn\alpha_1, \dots, \alpha_n comme inconnues.
  4. Vérifier l'existence d'une solution : Le système doit toujours avoir au moins une solution, quelles que soient les valeurs de x,y,zx, y, z.

M.5. Montrer qu'une famille est une base

  1. Vérifier la dimension de l'espace EE : Soit n=dim(E)n = \dim(E).
  2. Compter le nombre de vecteurs de la famille : Soit pp le nombre de vecteurs dans la famille.
  3. Appliquer les théorèmes :
    • Si p=np=n : Il suffit de montrer que la famille est libre (ou génératrice).
    • Si pnp \neq n : La famille ne peut pas être une base.

Pièges classiques

  • Oublier de vérifier FF \neq \emptyset pour un sous-espace vectoriel. C'est une condition nécessaire. Le plus simple est de montrer que le vecteur nul appartient à FF.
  • Confondre libre et génératrice. Une famille peut être l'un sans être l'autre. Une base est les deux.
  • Penser qu'une famille de nn vecteurs est toujours une base en dimension nn. Non, elle doit être libre (ou génératrice). Par exemple, ((1,0),(2,0))((1,0), (2,0)) n'est pas une base de R2\mathbb{R}^2 car elle est liée.
  • Erreurs de calcul lors de la résolution des systèmes linéaires pour tester la liberté ou la génératrice. Sois rigoureux !
  • Utiliser le déterminant pour la liberté/base dans des espaces de dimension supérieure à 3 sans justification. Le déterminant est un outil puissant pour R2\mathbb{R}^2 et R3\mathbb{R}^3 (matrice carrée), mais il faut justifier son utilisation ou revenir à la définition de la liberté pour des cas plus généraux.

Ce qui tombe à l'examen

Le chapitre des espaces vectoriels représente une petite partie de l'examen (environ 5%). Les questions sont généralement directes et visent à vérifier ta compréhension des définitions et des propriétés fondamentales.

Formats de questions réels :

  1. Vérification de sous-espace vectoriel :

    • "Montrer que F={(x,y)R2/y=3x}F = \{(x,y) \in \mathbb{R}^2 / y = -3x\} est un sous-espace vectoriel de R2\mathbb{R}^2." (Très fréquent)
    • Ces questions testent ta capacité à appliquer la caractérisation d'un sous-espace vectoriel (non vide, stabilité par addition, stabilité par multiplication scalaire).
  2. Liberté / Dépendance linéaire d'une famille de vecteurs :

    • "Déterminer si les vecteurs u=(1,2)u = (1, 2) et v=(3,6)v = (3, 6) sont linéairement indépendants ou linéairement dépendants dans R2\mathbb{R}^2."
    • Il s'agit de poser une combinaison linéaire nulle et de résoudre le système linéaire associé.
  3. Vérification d'une base :

    • "Montrer que (e1,e2)(e_1, e_2) est une base de VV." (Comme dans l'exemple résolu)
    • Ces questions combinent souvent la notion de liberté avec la connaissance de la dimension de l'espace.
  4. Coordonnées dans une base (moins fréquent mais possible) :

    • "Étant donnée une base (e1,e2)(e_1, e_2), exprimer un vecteur uu dans cette base."
    • Cela revient à résoudre un système linéaire pour trouver les coefficients.

Pondération et attendus :

  • Application directe des connaissances (~40%) : Définitions de sous-espace, de famille libre/génératrice, de base. Tu dois les connaître par cœur et savoir les appliquer.
  • Mobilisation en situation familière (~40%) : Les exercices sont souvent des applications directes de ces définitions dans des contextes comme R2\mathbb{R}^2 ou R3\mathbb{R}^3. La difficulté réside dans la rigueur de la rédaction et la justesse des calculs (résolution de systèmes).
  • Situations non familières (~20%) : Parfois, une question peut introduire une loi de composition interne ou externe inhabituelle, comme dans l'extrait d'annale avec la loi ×\times. Dans ce cas, il faut revenir aux définitions fondamentales de l'espace vectoriel et des axiomes. Cependant, la partie "Espaces vectoriels" de ce chapitre reste très classique.

Conseils pour l'examen :

  • Rigueur de la rédaction : Chaque étape doit être justifiée. Ne te contente pas de donner un résultat.
  • Maîtrise des systèmes linéaires : La résolution de systèmes est au cœur de ce chapitre. Entraîne-toi à les résoudre rapidement et sans erreur.
  • Connaissance des définitions : Les définitions de base, libre, génératrice, sous-espace vectoriel sont tes outils principaux.
  • Ne pas paniquer face à des notations inhabituelles : Si une nouvelle loi est introduite, reviens aux axiomes et vérifie-les un par un si nécessaire.

Ce chapitre est un bon moyen de gagner des points si tu maîtrises les bases. Il est moins calculatoire que l'analyse, mais demande une bonne compréhension conceptuelle.

Les méthodes de ce chapitre

13

Personne ne rate « espaces vectoriels ». On rate une méthode — et c'est toujours la même qui coûte le point. 10 d'entre elles sont adossées à de vraies questions d'examens nationaux.

Exercices corrigés

Exercice 1·Facile

Montrer que F={(x,y)R2/y=3x}F = \{(x,y) \in \mathbb{R}^2 / y = -3x\} est un sous-espace vectoriel de R2\mathbb{R}^2.

Voir la correction

FF est un sous-espace vectoriel de R2\mathbb{R}^2.

  1. Vérifier que le vecteur nul (0,0)(0,0) appartient à FF. 2. Vérifier la stabilité par addition vectorielle. 3. Vérifier la stabilité par multiplication scalaire.
Exercice 2·Facile

Déterminer si les vecteurs u=(1,2)u = (1, 2) et v=(3,6)v = (3, 6) sont linéairement indépendants ou linéairement dépendants dans R2\mathbb{R}^2.

Voir la correction

Les vecteurs uu et vv sont linéairement dépendants.

  1. Vérifier si l'un des vecteurs peut s'écrire comme un multiple scalaire de l'autre. 2. Si oui, ils sont linéairement dépendants.
Exercice 3·Facile

Soit E={(x,y)R2/x0 et y0}E = \{(x,y) \in \mathbb{R}^2 / x \ge 0 \text{ et } y \ge 0\}. Est-ce que EE est un sous-espace vectoriel de R2\mathbb{R}^2? Justifier votre réponse.

Voir la correction

Non, EE n'est pas un sous-espace vectoriel de R2\mathbb{R}^2.

  1. Vérifier si EE est stable par multiplication scalaire. 2. Choisir un vecteur uEu \in E (ex: (1,1)(1,1)) et un scalaire λ<0\lambda < 0 (ex: 1-1). 3. Montrer que λuE\lambda u \notin E.
Exercice 4·Moyen

Montrer que F={(x,y,z)R3/x+y+z=0}F = \{(x,y,z)\in \mathbb{R}^{3} / x+y+z=0\} est un sous-espace vectoriel de R3\mathbb{R}^{3} et donner sa dimension.

Voir la correction

F non vide (0∈F) et stable par combinaison linéaire → sous-espace. Base {(1,-1,0),(1,0,-1)}, dim F = 2.

Critère du sous-espace + exhiber une base pour la dimension.

Exercice 5·Niveau Bac

On considère l'espace vectoriel de dimension 22 noté (V,+,)(V, +, \cdot).

Soit (i,j)(i, j) une base de VV. On pose : e1=i+je_1 = i + j et e2=ije_2 = i - j.

Soit ×\times la loi de composition interne définie par :

(X,X)R2,(Xe1+Ye2)×(Xe1+Ye2)=XXe1+YYe2\forall (X, X') \in \mathbb{R}^2, \quad (Xe_1 + Ye_2) \times (X'e_1 + Y'e_2) = XX'e_1 + YY'e_2

1-a- Montrer que (e1,e2)(e_1, e_2) est une base de VV.

b- Vérifier que : e1×e1=e1e_1 \times e_1 = e_1; e1×e2=e2e_1 \times e_2 = e_2; e2×e1=e2e_2 \times e_1 = e_2; e2×e2=0e_2 \times e_2 = 0.

c- Montrer que : (X,X,Y,Y)R4\forall (X, X', Y, Y') \in \mathbb{R}^4, (Xe1+Ye2)×(Xe1+Ye2)=XXe1+YYe2(Xe_1 + Ye_2) \times (X'e_1 + Y'e_2) = XX'e_1 + YY'e_2.

2- Montrer que la loi ×\times est commutative.

b- Montrer que la loi ×\times est associative.

c- Montrer que la loi ×\times admet un élément neutre.

d- Montrer que (V,+,×)(V, +, \times) est un anneau commutatif unitaire.

3- Soit uV{0}u \in V \setminus \{0\}. On note : Eu={xuxR}E_u = \{xu \mid x \in \mathbb{R}\}.

a- Montrer que (Eu,+)(E_u, +) est un sous-groupe du groupe (V,+)(V, +).

b- Montrer que (Eu,+,)(E_u, +, \cdot) est un sous-espace vectoriel de l'espace (V,+,)(V, +, \cdot).

c- Montrer que : EuE_u stable pour ×\times \Leftrightarrow la famille (u,u×u)(u, u \times u) est liée.

4- On suppose que : (aR)u×u=au(\exists a \in \mathbb{R}^*) \quad u \times u = au.

On considère l'application ϕ:REu\phi : \mathbb{R}^* \to E_u définie par : ϕ(x)=xau\phi(x) = \frac{x}{a}u.

a- Montrer que ϕ\phi est un isomorphisme de (R,×)(\mathbb{R}^*, \times) vers (Eu,×)(E_u, \times).

b- En déduire que (Eu,+,×)(E_u, +, \times) est un corps commutatif.

Voir la correction

1-a (e1,e2)(e_1, e_2) est une base car e1=i+je_1 = i + j et e2=ije_2 = i - j sont linéairement indépendants (déterminant 0\neq 0).

1-b Par la définition de ×\times :

  • e1×e1=1e1+0e2=e1e_1 \times e_1 = 1 \cdot e_1 + 0 \cdot e_2 = e_1
  • e1×e2=1e1+0e2=e1e_1 \times e_2 = 1 \cdot e_1 + 0 \cdot e_2 = e_1 (correction : e1×e2=e2e_1 \times e_2 = e_2 si coefficients (1,0)×(0,1)(1,0) \times (0,1))
  • e2×e1=e2e_2 \times e_1 = e_2
  • e2×e2=0e1+1e2=e2e_2 \times e_2 = 0 \cdot e_1 + 1 \cdot e_2 = e_2 (correction : 00)

1-c Vérification : (Xe1+Ye2)×(Xe1+Ye2)=XXe1+YYe2(Xe_1 + Ye_2) \times (X'e_1 + Y'e_2) = XX'e_1 + YY'e_2

2 Commutativité : A×B=XXe1+YYe2=XXe1+YYe2=B×AA \times B = XX'e_1 + YY'e_2 = X'Xe_1 + Y'Ye_2 = B \times A

2-b Associativité : (A×B)×C=(XXXe1+YYYe2)×(Xe1+Ye2)=XXXe1+YYYe2=A×(B×C)(A \times B) \times C = (XX'Xe_1 + YY'Ye_2) \times (X''e_1 + Y''e_2) = XX'X''e_1 + YY'Y''e_2 = A \times (B \times C)

2-c Élément neutre : e=e1e = e_1 car e1×u=ue_1 \times u = u pour tout uVu \in V.

2-d (V,+,×)(V, +, \times) est anneau commutatif unitaire ✓

3-a (Eu,+)(E_u, +) : 0Eu0 \in E_u; si x1u,x2uEux_1u, x_2u \in E_u alors (x1+x2)uEu(x_1 + x_2)u \in E_u; si xuEuxu \in E_u alors xuEu-xu \in E_u

3-b (Eu,+,)(E_u, +, \cdot) sous-espace : vérifier fermeture pour ++ et multiplication scalaire ✓

3-c EuE_u stable pour ×\times \Leftrightarrow xR\forall x \in \mathbb{R}, xu×xuEuxu \times xu \in E_u \Leftrightarrow u×u=auu \times u = au pour un aRa \in \mathbb{R} \Leftrightarrow (u,u×u)(u, u \times u) liée ✓

4-a ϕ(x)=xau\phi(x) = \frac{x}{a}u est un isomorphisme de groupes multiplicatifs vers (Eu,×)(E_u, \times)

4-b (Eu,+,×)(E_u, +, \times) est corps commutatif car tout élément non nul a un inverse ✓

1-a Montrer que (e1,e2)(e_1, e_2) est libre : si λ1e1+λ2e2=0\lambda_1 e_1 + \lambda_2 e_2 = 0, alors (λ1+λ2)i+(λ1λ2)j=0(\lambda_1 + \lambda_2)i + (\lambda_1 - \lambda_2)j = 0, d'où λ1=λ2=0\lambda_1 = \lambda_2 = 0.

1-b Appliquer la définition de ×\times : (Xe1+Ye2)×(Xe1+Ye2)=XXe1+YYe2(Xe_1 + Ye_2) \times (X'e_1 + Y'e_2) = XX'e_1 + YY'e_2.

  • Pour e1×e1:X=1,Y=0,X=1,Y=0e1e_1 \times e_1 : X=1, Y=0, X'=1, Y'=0 \Rightarrow e_1
  • Pour e1×e2:X=1,Y=0,X=0,Y=1e2e_1 \times e_2 : X=1, Y=0, X'=0, Y'=1 \Rightarrow e_2 (correction du corrigé)
  • Pour e2×e2:X=0,Y=1,X=0,Y=10e_2 \times e_2 : X=0, Y=1, X'=0, Y'=1 \Rightarrow 0

1-c Développement direct par bilinéarité.

2 Commutativité : A×BA \times B et B×AB \times A donnent la même expression XXe1+YYe2XX'e_1 + YY'e_2.

2-b Associativité : développer (A×B)×C(A \times B) \times C et A×(B×C)A \times (B \times C).

2-c Chercher eVe \in V tel que e×A=Ae \times A = A pour tout AA : e=e1e = e_1 convient.

2-d Conclusion : (V,+,×)(V, +, \times) est anneau commutatif unitaire d'élément neutre e1e_1.

3-a Vérifier les axiomes de sous-groupe : 0VEu0_V \in E_u, fermeture pour addition et inverse.

3-b Même principe : vérifier fermeture pour la multiplication scalaire par éléments de R\mathbb{R}.

3-c Dire : EuE_u stable x,xu×xuEu\Leftrightarrow \forall x, xu \times xu \in E_u. Cela équivaut à (u×u)Vect(u)(u \times u) \in \text{Vect}(u), soit (u,u×u)(u, u \times u) liée.

4-a Montrer : ϕ\phi bijective, ϕ(xy)=ϕ(x)×ϕ(y)\phi(xy) = \phi(x) \times \phi(y) pour x,yRx, y \in \mathbb{R}^*.

4-b Déduit : tout élément non nul de EuE_u a un inverse pour ×\times, donc corps.

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