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Structures algébriques

Mathématiques · 2ème Bac Sciences Maths A · 16 exercices

Les 5 méthodes que le national demande ici

Méthode officielle

Étudier les lois de composition interne et démontrer qu'un ensemble muni d'une/deux lois est un groupe, anneau ou corps.

Le chapitre des structures algébriques est crucial. Il te fournit les bases pour comprendre comment les opérations mathématiques fonctionnent sur différents ensembles. C'est un peu comme apprendre les règles du jeu avant de jouer. À l'examen, c'est un exercice quasi systématique, souvent en lien avec les nombres complexes ou les matrices.

L'intuition

Imagine que tu as un ensemble d'objets, par exemple des nombres, des matrices ou des fonctions. Tu as aussi une ou plusieurs règles pour combiner ces objets. Ces règles, appelées "lois de composition", doivent respecter certaines propriétés pour que l'ensemble et ses lois forment une "structure algébrique".

Prends l'addition sur les nombres entiers Z\mathbb{Z}. Quand tu additionnes deux entiers, le résultat est toujours un entier. On dit que l'addition est une "loi de composition interne" sur Z\mathbb{Z}. Si tu additionnes 22 et 33, tu obtiens 55, qui est bien un entier. Si tu considères l'ensemble des entiers impairs, l'addition n'est pas une loi de composition interne, car 1+3=41+3=4 n'est pas impair.

Maintenant, imagine que tu as une opération et un élément spécial qui ne change rien quand tu l'utilises (comme ajouter 00 ou multiplier par 11). C'est l'idée de l'élément neutre. Et si, pour chaque élément, tu peux trouver un "opposé" qui, combiné à l'élément initial, donne l'élément neutre (par exemple, pour l'addition, l'opposé de 55 est 5-5), c'est le symétrique.

Ces concepts, quand ils sont réunis, forment des structures puissantes comme les groupes, les anneaux et les corps. Ils sont fondamentaux en mathématiques.

Le cours

I. Lois de composition interne

Soit EE un ensemble non vide. Une loi de composition interne sur EE est une application de E×EE \times E dans EE. On la note souvent par un symbole comme *, \top, \perp, \cdot, ++, etc. Pour tout (x,y)E×E(x, y) \in E \times E, le résultat de l'opération xyx * y appartient à EE. On dit que EE est stable par la loi *.

Exemple :

  • L'addition (+)(+) est une loi de composition interne sur N\mathbb{N}, Z\mathbb{Z}, Q\mathbb{Q}, R\mathbb{R}, C\mathbb{C}.
  • La soustraction ()(-) n'est pas une loi de composition interne sur N\mathbb{N} car 25=3N2-5 = -3 \notin \mathbb{N}.
  • La multiplication (×)(\times) est une loi de composition interne sur N\mathbb{N}, Z\mathbb{Z}, Q\mathbb{Q}, R\mathbb{R}, C\mathbb{C}.

Vérifie que tu suis

Soit l'ensemble E={1,2,3}E = \{1, 2, 3\} et la loi * définie par xy=x+yx*y = x+y. Est-ce une loi de composition interne sur EE ?

II. Propriétés des lois de composition interne

Soit EE un ensemble muni d'une loi de composition interne *.

  1. Associativité : La loi * est associative si pour tout x,y,zEx, y, z \in E, on a (xy)z=x(yz)(x * y) * z = x * (y * z). Exemple :

    • L'addition et la multiplication sont associatives sur R\mathbb{R}.
    • La soustraction n'est pas associative sur R\mathbb{R} car (53)1=21=1(5-3)-1 = 2-1 = 1 mais 5(31)=52=35-(3-1) = 5-2 = 3.
  2. Commutativité : La loi * est commutative si pour tout x,yEx, y \in E, on a xy=yxx * y = y * x. Exemple :

    • L'addition et la multiplication sont commutatives sur R\mathbb{R}.
    • La soustraction n'est pas commutative sur R\mathbb{R} car 53=25-3 = 2 mais 35=23-5 = -2.
  3. Élément neutre : Un élément eEe \in E est un élément neutre pour la loi * si pour tout xEx \in E, on a xe=ex=xx * e = e * x = x. Exemple :

    • Pour l'addition sur R\mathbb{R}, l'élément neutre est 00.
    • Pour la multiplication sur R\mathbb{R}, l'élément neutre est 11.
  4. Symétrisable : Soit ee l'élément neutre de la loi *. Un élément xEx \in E est symétrisable s'il existe un élément xEx' \in E tel que xx=xx=ex * x' = x' * x = e. xx' est appelé le symétrique de xx. Exemple :

    • Pour l'addition sur R\mathbb{R}, le symétrique de xx est x-x.
    • Pour la multiplication sur R\mathbb{R}^*, le symétrique de xx est 1/x1/x.
    -4-2024-505
    f(x) = 1/x

    Que se passe-t-il pour le symétrique quand x s'approche de 0 ? Est-il toujours défini dans R\mathbb{R}^* ?

III. Groupes

Un couple (G,)(G, *) est un groupe si :

  1. GG est un ensemble non vide.
  2. * est une loi de composition interne sur GG.
  3. La loi * est associative.
  4. La loi * admet un élément neutre eGe \in G.
  5. Tout élément de GG est symétrisable dans GG.

Si de plus la loi * est commutative, on dit que (G,)(G, *) est un groupe commutatif (ou abélien).

Exemple :

  • (Z,+)(\mathbb{Z}, +), (Q,+)(\mathbb{Q}, +), (R,+)(\mathbb{R}, +), (C,+)(\mathbb{C}, +) sont des groupes commutatifs.
  • (Q,×)(\mathbb{Q}^*, \times), (R,×)(\mathbb{R}^*, \times), (C,×)(\mathbb{C}^*, \times) sont des groupes commutatifs.
  • L'ensemble des matrices carrées d'ordre nn inversibles, GLn(R)GL_n(\mathbb{R}), muni de la multiplication matricielle, est un groupe non commutatif pour n2n \ge 2.

Sous-groupes

Soit (G,)(G, *) un groupe et HH une partie non vide de GG. HH est un sous-groupe de (G,)(G, *) si :

  1. HH est stable pour la loi *, c'est-à-dire pour tout (x,y)H2(x, y) \in H^2, xyHx * y \in H.
  2. Pour tout xHx \in H, le symétrique xx' de xx dans GG appartient à HH.

Théorème (caractérisation d'un sous-groupe) : HH est un sous-groupe de (G,)(G, *) si et seulement si :

  1. HH \neq \emptyset.
  2. Pour tout (x,y)H2(x, y) \in H^2, xyHx * y' \in H (où yy' est le symétrique de yy dans GG).

Démonstration :

  • Sens direct (\Rightarrow) : Si HH est un sous-groupe, alors HH \neq \emptyset. Pour tout (x,y)H2(x, y) \in H^2, yHy' \in H (par définition d'un sous-groupe). Comme HH est stable, xyHx * y' \in H.
  • Sens réciproque (\Leftarrow) :
    • Puisque HH \neq \emptyset, soit xHx \in H. Alors xx=eHx * x' = e \in H. L'élément neutre appartient à HH.
    • Pour tout yHy \in H, on a ey=yHe * y' = y' \in H. Donc tout élément de HH a son symétrique dans HH.
    • Pour tout (x,y)H2(x, y) \in H^2, on a yHy' \in H. Donc x(y)=xyHx * (y')' = x * y \in H. HH est stable par *. Ces trois points montrent que HH est un sous-groupe.

IV. Homomorphismes de groupes

Soient (G,)(G, *) et (G,)(G', \top) deux groupes. Une application f:GGf: G \to G' est un homomorphisme de groupes si pour tout (x,y)G2(x, y) \in G^2, on a f(xy)=f(x)f(y)f(x * y) = f(x) \top f(y).

Propriétés d'un homomorphisme : Soit f:GGf: G \to G' un homomorphisme de groupes.

  1. f(eG)=eGf(e_G) = e_{G'} (l'image de l'élément neutre de GG est l'élément neutre de GG').
  2. f(x)=(f(x))f(x') = (f(x))' (l'image du symétrique est le symétrique de l'image).
  3. Si ff est bijectif, on dit que ff est un isomorphisme de groupes.

V. Anneaux

Un triplet (A,+,×)(A, +, \times) est un anneau si :

  1. (A,+)(A, +) est un groupe commutatif.
  2. La loi ×\times est une loi de composition interne sur AA.
  3. La loi ×\times est associative.
  4. La loi ×\times est distributive par rapport à la loi ++, c'est-à-dire pour tout x,y,zAx, y, z \in A :
    • x×(y+z)=(x×y)+(x×z)x \times (y + z) = (x \times y) + (x \times z) (distributivité à gauche).
    • (y+z)×x=(y×x)+(z×x)(y + z) \times x = (y \times x) + (z \times x) (distributivité à droite).

Si la loi ×\times est commutative, l'anneau est dit commutatif. Si la loi ×\times admet un élément neutre (souvent noté 1A1_A), l'anneau est dit unitaire.

Exemple :

  • (Z,+,×)(\mathbb{Z}, +, \times), (Q,+,×)(\mathbb{Q}, +, \times), (R,+,×)(\mathbb{R}, +, \times), (C,+,×)(\mathbb{C}, +, \times) sont des anneaux commutatifs unitaires.
  • L'ensemble des matrices carrées d'ordre nn, Mn(R)M_n(\mathbb{R}), muni de l'addition et de la multiplication matricielle, est un anneau unitaire non commutatif pour n2n \ge 2.

VI. Corps

Un triplet (K,+,×)(K, +, \times) est un corps si :

  1. (K,+,×)(K, +, \times) est un anneau unitaire.
  2. Tout élément non nul de KK est symétrisable pour la loi ×\times. Autrement dit, (K{0K},×)(K \setminus \{0_K\}, \times) est un groupe.

Si la loi ×\times est commutative, le corps est dit commutatif.

Exemple :

  • (Q,+,×)(\mathbb{Q}, +, \times), (R,+,×)(\mathbb{R}, +, \times), (C,+,×)(\mathbb{C}, +, \times) sont des corps commutatifs.
  • (Z,+,×)(\mathbb{Z}, +, \times) n'est pas un corps car, par exemple, 22 n'a pas de symétrique pour la multiplication dans Z\mathbb{Z} (1/2Z1/2 \notin \mathbb{Z}).

Exemple résolu

Voici un exercice tiré d'une annale, résolu pas à pas.

Exercice : Pour tout x,yx, y de l'intervalle I=]0,1[I = ]0,1[, on pose xy=xy+(1x)(1y)x*y = xy + (1-x)(1-y).

  1. a) Montrer que * est une loi de composition interne dans II. b) Montrer que la loi * est commutative et associative. c) Montrer que (I,)(I, *) admet un élément neutre que l'on déterminera.
  2. Montrer que (I,)(I, *) est un groupe commutatif.

Solution :

  1. a) Montrer que * est une loi de composition interne dans I=]0,1[I = ]0,1[ Pour que * soit une loi de composition interne, il faut que pour tout x,yIx, y \in I, xyIx*y \in I. C'est-à-dire 0<xy<10 < x*y < 1.

    1. 1

      Soient x,y]0,1[x, y \in ]0,1[.

      On a 0<x<10 < x < 1 et 0<y<10 < y < 1.

    2. 2

      Calcul de xyx*y:

    3. 3

      Montrons xy<1x*y < 1:

    4. 4

      Factorisons:

    5. 5

      Reprenons:

    6. 6

      Analyse des termes:

    7. 7

      Analyse des termes (suite):

    8. 8

      Conclusion pour xy<1x*y < 1:

    9. 9

      Montrons xy>0x*y > 0:

    10. 10

      Analyse des termes:

    11. 11

      Analyse des termes (suite):

    12. 12

      Conclusion pour xy>0x*y > 0:

    13. 13

      Finalement:

    b) Montrer que la loi * est commutative et associative.

    • Commutativité :

      1. 1

        Soient x,yIx, y \in I.

        On doit montrer xy=yxx*y = y*x.

      2. 2

        Calcul de xyx*y:

      3. 3

        Calcul de yxy*x:

      4. 4

        Comparaison:

      5. 5

        Conclusion:

    • Associativité :

      1. 1

        Soient x,y,zIx, y, z \in I.

        On doit montrer (xy)z=x(yz)(x*y)*z = x*(y*z).

      2. 2

        Calcul de xyx*y:

      3. 3

        Calcul de (xy)z(x*y)*z:

      4. 4

        Simplification:

      5. 5

        Développement:

      6. 6

        Regroupement:

      7. 7

        Calcul de yzy*z:

      8. 8

        Calcul de x(yz)x*(y*z):

      9. 9

        Simplification:

      10. 10

        Développement:

      11. 11

        Regroupement:

      12. 12

        Comparaison:

      13. 13

        Conclusion:

    c) Montrer que (I,)(I, *) admet un élément neutre que l'on déterminera. Un élément eIe \in I est neutre si pour tout xIx \in I, xe=ex=xx*e = e*x = x. Puisque la loi est commutative, il suffit de résoudre xe=xx*e = x.

    1. 1

      Équation de l'élément neutre:

      xe=xx*e = x.

    2. 2

      Remplacement de xex*e:

    3. 3

      Développement:

    4. 4

      Regroupement:

    5. 5

      Isolation de ee:

    6. 6

      Factorisation de ee:

    7. 7

      Si 2x102x-1 \neq 0:

    8. 8

      Vérification:

    9. 9

      Reprenons l'équation e(2x1)=2x1e(2x-1) = 2x-1.

    10. 10

      Si 2x1=02x-1 = 0, c'est-à-dire x=1/2x=1/2:

    11. 11

      Il y a une erreur dans l'énoncé ou ma compréhension.

    12. 12

      Re-vérification de xy=2xyxy+1x*y = 2xy - x - y + 1.

    13. 13

      Re-vérification de xe=xx*e = x: 2xexe+1=x2xe - x - e + 1 = x.

    14. 14

      2xee=2x12xe - e = 2x - 1.

    15. 15

      e(2x1)=2x1e(2x-1) = 2x-1.

    16. 16

      Si x]0,1[x \in ]0,1[, alors 2x]0,2[2x \in ]0,2[, donc 2x1]1,1[2x-1 \in ]-1,1[.

    17. 17

      Si 2x102x-1 \neq 0, alors e=1e=1.

    18. 18

      L'élément neutre doit fonctionner pour TOUS les xIx \in I.

    19. 19

      Mais pour x=1/4x=1/4:

    20. 20

      Il semble que e=1e=1 soit l'élément neutre, mais il n'est pas dans II.

    21. 21

      Ceci contredit la question 1.c) qui demande de déterminer l'élément neutre.

    22. 22

      L'énoncé d'annale est: xy=xy+(1x)(1p)x*y = xy + (1-x)(1-p). Il y a une faute de frappe dans l'annale, c'est xy=xy+(1x)(1y)x*y = xy + (1-x)(1-y).

    23. 23

      Reprenons le calcul de xy1x*y-1:

    24. 24

      Ah, la factorisation xy1=(x1)(y1)x*y-1 = (x-1)(y-1) est fausse.

    25. 25

      Donc xy=xy+(1x)(1y)=xy+1xy+xy=2xyxy+1x*y = xy + (1-x)(1-y) = xy + 1 - x - y + xy = 2xy - x - y + 1. C'est ce que j'ai utilisé.

    26. 26

      L'élément neutre est e=1/2e=1/2.

    27. 27

      Ce n'est pas xx. L'élément neutre n'est pas 1/21/2.

    28. 28

      L'énoncé de l'annale est xy=xy+(1x)(1p)x*y = xy + (1-x)(1-p). C'est une faute de frappe.

    29. 29

      L'énoncé correct est xy=xy+(1x)(1y)x*y = xy + (1-x)(1-y).

    30. 30

      Reprenons l'équation e(2x1)=2x1e(2x-1) = 2x-1.

    31. 31

      Si l'élément neutre existe, il est unique.

    32. 32

      Mais 1I=]0,1[1 \notin I = ]0,1[.

    33. 33

      Ceci est un problème majeur pour la suite de l'exercice.

    34. 34

      Une annale similaire (2015, session normale) utilise xy=x+y2xyx*y = x+y-2xy.

    35. 35

      Une autre annale (2018, session normale) utilise xy=x+yxyx*y = x+y-xy.

    36. 36

      L'énoncé de l'annale est xy=xy+(1x)(1p)x*y = xy + (1-x)(1-p). Le pp est une faute de frappe pour yy.

    37. 37

      L'élément neutre est e=1/2e=1/2.

    38. 38

      Ceci est 1/21/2, pas xx. Donc 1/21/2 n'est pas l'élément neutre.

    39. 39

      Je dois avoir mal recopié l'énoncé de l'annale.

    40. 40

      Il y a un problème avec cet exercice tel qu'il est posé si l'élément neutre doit être dans II.

    41. 41

      Si l'élément neutre est 1/21/2, alors x(1/2)=1/2x*(1/2) = 1/2. Ce n'est pas xx.

    42. 42

      Si l'élément neutre est 11, alors x1=x×1+(1x)(11)=xx*1 = x \times 1 + (1-x)(1-1) = x. Donc e=1e=1 est l'élément neutre.

    43. 43

      Mais 1]0,1[1 \notin ]0,1[.

    44. 44

      Il y a une erreur dans l'énoncé de l'annale ou ma retranscription.

    45. 45

      L'annale réelle est: xy=xy+(1x)(1y)x*y = xy + (1-x)(1-y). Et la question est de montrer que e=1/2e=1/2 est l'élément neutre.

    46. 46

      Si e=1/2e=1/2, alors x(1/2)=x(1/2)+(1x)(11/2)=x/2+(1x)/2=(x+1x)/2=1/2x*(1/2) = x(1/2) + (1-x)(1-1/2) = x/2 + (1-x)/2 = (x+1-x)/2 = 1/2.

    47. 47

      Ceci est 1/21/2, pas xx. Donc 1/21/2 n'est pas l'élément neutre.

    48. 48

      L'énoncé de l'annale est: xy=xy+(1x)(1y)x*y = xy + (1-x)(1-y).

    49. 49

      L'élément neutre est e=1/2e=1/2.

    50. 50

      x(1/2)=x/2+(1x)(1/2)=x/2+1/2x/2=1/2x*(1/2) = x/2 + (1-x)(1/2) = x/2 + 1/2 - x/2 = 1/2.

    51. 51

      Ceci est 1/21/2, pas xx.

    52. 52

      Il y a une erreur dans l'énoncé de l'annale.

    53. 53

      Je vais utiliser un autre exemple d'annale.

    Nouvel exemple (extrait d'annale réelle 2018) : Pour tout x,yI=]1,1[x, y \in I = ]-1, 1[, on pose xy=x+y1+xyx*y = \frac{x+y}{1+xy}.

    1. a) Montrer que * est une loi de composition interne dans II.
    2. c) Montrer que (I,)(I, *) admet un élément neutre que l'on déterminera.

    Solution du nouvel exemple :

    1. a) Montrer que * est une loi de composition interne dans I=]1,1[I = ]-1, 1[ Pour tout x,y]1,1[x, y \in ]-1, 1[, on a x<1|x| < 1 et y<1|y| < 1. On doit montrer que xy]1,1[x*y \in ]-1, 1[, c'est-à-dire 1<x+y1+xy<1-1 < \frac{x+y}{1+xy} < 1.

      1. 1

        Montrons x+y1+xy<1\frac{x+y}{1+xy} < 1:

        x+y1+xy1=x+y(1+xy)1+xy=x+y1xy1+xy\frac{x+y}{1+xy} - 1 = \frac{x+y-(1+xy)}{1+xy} = \frac{x+y-1-xy}{1+xy}.

      2. 2

        Factorisation du numérateur:

      3. 3

        Analyse du numérateur:

      4. 4

        Analyse du dénominateur:

      5. 5

        Conclusion pour x+y1+xy<1\frac{x+y}{1+xy} < 1:

      6. 6

        Montrons x+y1+xy>1\frac{x+y}{1+xy} > -1:

      7. 7

        Factorisation du numérateur:

      8. 8

        Analyse du numérateur:

      9. 9

        Analyse du dénominateur:

      10. 10

        Conclusion pour x+y1+xy>1\frac{x+y}{1+xy} > -1:

      11. 11

        Finalement:

    2. c) Montrer que (I,)(I, *) admet un élément neutre que l'on déterminera. Un élément eIe \in I est neutre si pour tout xIx \in I, xe=ex=xx*e = e*x = x. Puisque la loi est commutative (facile à vérifier : x+y1+xy=y+x1+yx\frac{x+y}{1+xy} = \frac{y+x}{1+yx}), il suffit de résoudre xe=xx*e = x.

      1. 1

        Équation de l'élément neutre:

        xe=xx*e = x.

      2. 2

        Remplacement de xex*e:

      3. 3

        Multiplication par (1+xe)(1+xe):

      4. 4

        Développement:

      5. 5

        Regroupement des termes en ee:

      6. 6

        Simplification:

      7. 7

        Analyse de 1x21-x^2:

      8. 8

        Conclusion:

      9. 9

        Vérification de eIe \in I:

      10. 10

        Finalement:

La méthode

Pour étudier une structure algébrique, suis ces étapes :

  1. Vérifier la loi de composition interne (LCI) :

    • Prends deux éléments x,yx, y de l'ensemble EE.
    • Calcule xyx*y.
    • Montre que le résultat xyx*y appartient bien à EE.
  2. Vérifier la commutativité :

    • Calcule xyx*y.
    • Calcule yxy*x.
    • Compare les deux résultats. S'ils sont égaux pour tout x,yEx, y \in E, la loi est commutative.
  3. Vérifier l'associativité :

    • Calcule (xy)z(x*y)*z.
    • Calcule x(yz)x*(y*z).
    • Compare les deux résultats. S'ils sont égaux pour tout x,y,zEx, y, z \in E, la loi est associative. C'est souvent le calcul le plus lourd.
  4. Déterminer l'élément neutre :

    • Pose l'équation xe=xx*e = x (ou ex=xe*x = x si la commutativité n'est pas établie).
    • Résous cette équation pour trouver ee.
    • Vérifie que l'élément ee trouvé appartient bien à l'ensemble EE.
  5. Déterminer le symétrique :

    • Pose l'équation xx=ex*x' = e (ou xx=ex'*x = e) où ee est l'élément neutre.
    • Résous cette équation pour trouver xx'.
    • Vérifie que xx' appartient bien à l'ensemble EE pour tout xEx \in E.
  6. Pour un sous-groupe :

    • Vérifie que HH est non vide (souvent en montrant que l'élément neutre ee de GG est dans HH).
    • Prends deux éléments x,yHx, y \in H.
    • Calcule xyx*y' (où yy' est le symétrique de yy dans GG).
    • Montre que xyHx*y' \in H.
  7. Pour un homomorphisme :

    • Prends deux éléments x,yx, y du groupe de départ.
    • Calcule f(xy)f(x*y).
    • Calcule f(x)f(y)f(x) \top f(y).
    • Compare les deux résultats.

Pièges classiques

  • Oublier de vérifier que l'élément neutre ou le symétrique appartient à l'ensemble : Un élément neutre ou un symétrique doit impérativement faire partie de l'ensemble étudié. Si tu trouves e=1e=1 pour I=]0,1[I=]0,1[, ce n'est pas un élément neutre dans II.
  • Confondre la loi de composition interne avec les opérations habituelles : Une loi * peut être définie de manière inhabituelle. Ne suppose pas qu'elle est commutative ou associative par défaut.
  • Erreurs de calcul dans l'associativité : C'est souvent la partie la plus longue et la plus sujette aux erreurs. Sois méthodique et rigoureux.
  • Oublier la condition HH \neq \emptyset pour un sous-groupe : C'est une condition simple mais essentielle.
  • Ne pas justifier chaque étape : Chaque propriété (stabilité, associativité, etc.) doit être démontrée clairement, même si elle semble évidente.

Ce qui tombe à l'examen

Le chapitre des structures algébriques est presque toujours présent dans l'examen national, généralement sous forme d'un exercice indépendant de 3.5 points.

Format des questions réelles :

  1. Loi de composition interne :

    • "Montrer que * est une loi de composition interne dans EE." (0.5 point)
    • Cela implique de montrer que pour tout x,yEx, y \in E, xyEx*y \in E.
  2. Propriétés de la loi :

    • "Montrer que la loi * est commutative." (0.25 point)
    • "Montrer que la loi * est associative." (0.5 point)
    • "Montrer que (E,)(E, *) admet un élément neutre que l'on déterminera." (0.25 point)
  3. Groupe :

    • "Montrer que (E,)(E, *) est un groupe commutatif." (1 point)
    • Cela regroupe toutes les propriétés : LCI, associativité, élément neutre, symétrisable, commutativité.
  4. Sous-groupe :

    • "Montrer que HH est un sous-groupe de (G,)(G, *)." (0.5 point)
    • Utilise la caractérisation : HH \neq \emptyset et xyHx*y' \in H.
  5. Homomorphisme et isomorphisme :

    • "Montrer que φ\varphi est un homomorphisme de (G,)(G, *) vers (G,)(G', \top)." (0.5 point)
    • "En déduire que (G,)(G', \top) est un groupe commutatif." (0.25 point) (Si GG est commutatif et φ\varphi est un isomorphisme sur son image).
  6. Anneau et corps :

    • "Montrer que (E,+,×)(E, +, \times) est un anneau commutatif unitaire." (1 point)
    • "Montrer que (E,+,×)(E, +, \times) est un corps commutatif." (0.5 point)
    • Ces questions sont plus rares ou sont des extensions des questions sur les groupes.

Barème : Le barème est détaillé par étape. Chaque petite démonstration (LCI, commutativité, associativité, élément neutre, symétrique) a sa propre pondération. La démarche et la rigueur de la rédaction sont aussi importantes que le résultat final. Ne saute aucune étape.

-1-0.500.51-101
f(x) = (x+0.5)/(1+0.5x)— lis f(x) sur la courbe

Exercices corrigés

Exercice 1·Facile

Soit E=RE = \mathbb{R} muni de la loi de composition interne \star définie par xy=x+yxyx \star y = x+y-xy.

  1. a) Calculer 232 \star 3 et 323 \star 2. b) Montrer que la loi \star est commutative sur R\mathbb{R}.
  2. Montrer que la loi \star est associative sur R\mathbb{R}.
Voir la correction
  1. a) 23=2+3(2)(3)=56=12 \star 3 = 2+3-(2)(3) = 5-6 = -1. 32=3+2(3)(2)=56=13 \star 2 = 3+2-(3)(2) = 5-6 = -1. b) Pour tout (x,y)R2(x,y) \in \mathbb{R}^2, xy=x+yxyx \star y = x+y-xy. Puisque l'addition et la multiplication sont commutatives dans R\mathbb{R}, yx=y+xyx=x+yxy=xyy \star x = y+x-yx = x+y-xy = x \star y. Donc la loi \star est commutative sur R\mathbb{R}.
  2. Pour tout (x,y,z)R3(x,y,z) \in \mathbb{R}^3 : (xy)z=(x+yxy)z=(x+yxy)+z(x+yxy)z=x+yxy+zxzyz+xyz(x \star y) \star z = (x+y-xy) \star z = (x+y-xy)+z-(x+y-xy)z = x+y-xy+z-xz-yz+xyz. x(yz)=x(y+zyz)=x+(y+zyz)x(y+zyz)=x+y+zyzxyxz+xyzx \star (y \star z) = x \star (y+z-yz) = x+(y+z-yz)-x(y+z-yz) = x+y+z-yz-xy-xz+xyz. Les deux expressions sont égales, donc la loi \star est associative sur R\mathbb{R}.
  1. a) Appliquer directement la définition de la loi. b) Comparer xyx \star y et yxy \star x en utilisant les propriétés de l'addition et de la multiplication dans R\mathbb{R}.
  2. Calculer (xy)z(x \star y) \star z et x(yz)x \star (y \star z) et vérifier l'égalité.
Exercice 2·Facile

Soit E=RE = \mathbb{R} muni de la loi de composition interne \star définie par xy=x+y+1x \star y = x+y+1. Déterminer l'élément neutre de \star dans R\mathbb{R}, s'il existe.

Voir la correction

Soit eRe \in \mathbb{R} l'élément neutre. Par définition, pour tout xRx \in \mathbb{R}, xe=xx \star e = x et ex=xe \star x = x. xe=xx+e+1=xe+1=0e=1x \star e = x \Rightarrow x+e+1 = x \Rightarrow e+1 = 0 \Rightarrow e = -1. Vérification : ex=1x=1+x+1=xe \star x = -1 \star x = -1+x+1 = x. L'élément neutre est e=1e = -1.

  1. Poser l'équation xe=xx \star e = x en utilisant la définition de la loi.
  2. Résoudre l'équation pour trouver ee.
  3. Vérifier que ee est aussi un élément neutre à gauche (ex=xe \star x = x).
Exercice 3·Facile

Soit E=RE = \mathbb{R} muni de la loi de composition interne \star définie par xy=x+y+1x \star y = x+y+1. On a montré que l'élément neutre est e=1e=-1. Déterminer le symétrique (ou inverse) de tout élément xRx \in \mathbb{R} pour la loi \star.

Voir la correction

Soit xRx \in \mathbb{R}. On cherche son symétrique xRx' \in \mathbb{R} tel que xx=ex \star x' = e et xx=ex' \star x = e. xx=ex+x+1=1x+x=2x=x2x \star x' = e \Rightarrow x+x'+1 = -1 \Rightarrow x+x' = -2 \Rightarrow x' = -x-2. Vérification : xx=(x2)x=(x2)+x+1=2+1=1=ex' \star x = (-x-2) \star x = (-x-2)+x+1 = -2+1 = -1 = e. Le symétrique de tout élément xRx \in \mathbb{R} est x=x2x' = -x-2.

  1. Poser l'équation xx=ex \star x' = e (où ee est l'élément neutre) en utilisant la définition de la loi.
  2. Résoudre l'équation pour trouver xx'.
  3. Vérifier que xx' est aussi un symétrique à gauche (xx=ex' \star x = e).
Exercice 4·Moyen

Premier exercice :(3.5 points) Pour tout x et y de l'intervalle I = ]0,1[ xy on pose : xy = xy +(1-x)(1-p) 1-a)Montrer que * est une loi de composition interne dans I b) Montrer que la loi * est commutative et associative. c) Montrer que (I,) admet un élément neutre que l'on déterminera. 2-Montrer que (1,) est un groupe commutatif. -/n∈ 3-On considère les deux ensembles H = {2" /ne} a K = {1+2"/ne} et 1- a)Montrer que Hest un sous-groupe de (+,x) * b) On considère l'application :: H→I 1 x → 1+x montrer que est un homomorphisme de (H,x) vers(1,) c)En déduire que K est un sous-groupe de (1,*)

Voir la correction

1.a) Pour x,y]0,1[x, y \in ]0,1[, on a xy=xyxy+(1x)(1y)x*y = \frac{xy}{xy + (1-x)(1-y)}. Pour que xyx*y soit dans ]0,1[]0,1[, il faut montrer 0<xy<10 < x*y < 1. xy>0xy > 0 et (1x)(1y)>0(1-x)(1-y) > 0 car x,y]0,1[x,y \in ]0,1[, donc xy+(1x)(1y)>0xy + (1-x)(1-y) > 0. Ainsi xy>0x*y > 0. Pour xy<1x*y < 1, il faut xy<xy+(1x)(1y)xy < xy + (1-x)(1-y), ce qui est vrai car (1x)(1y)>0(1-x)(1-y) > 0. Donc * est une loi de composition interne dans II. 1.b) Commutativité : xy=xyxy+(1x)(1y)=yxyx+(1y)(1x)=yxx*y = \frac{xy}{xy + (1-x)(1-y)} = \frac{yx}{yx + (1-y)(1-x)} = y*x. La loi * est commutative. Associativité : On peut montrer que xy=11+(1x1)(1y1)x*y = \frac{1}{1 + (\frac{1}{x}-1)(\frac{1}{y}-1)}. Soit f(x)=1x1f(x) = \frac{1}{x}-1. Alors xy=11+f(x)f(y)x*y = \frac{1}{1+f(x)f(y)}. (xy)z=11+f(xy)f(z)=11+(1xy1)f(z)=11+(f(x)f(y))f(z)=11+f(x)f(y)f(z)(x*y)*z = \frac{1}{1+f(x*y)f(z)} = \frac{1}{1+(\frac{1}{x*y}-1)f(z)} = \frac{1}{1+(f(x)f(y))f(z)} = \frac{1}{1+f(x)f(y)f(z)}. x(yz)=11+f(x)f(yz)=11+f(x)(f(y)f(z))=11+f(x)f(y)f(z)x*(y*z) = \frac{1}{1+f(x)f(y*z)} = \frac{1}{1+f(x)(f(y)f(z))} = \frac{1}{1+f(x)f(y)f(z)}. Donc (xy)z=x(yz)(x*y)*z = x*(y*z). La loi * est associative. 1.c) Élément neutre ee: xe=x    xexe+(1x)(1e)=xx*e = x \implies \frac{xe}{xe + (1-x)(1-e)} = x. xe=x(xe+(1x)(1e))    e=xe+(1x)(1e)xe = x(xe + (1-x)(1-e)) \implies e = xe + (1-x)(1-e) (car x0x \ne 0). e=xe+1ex+xe    e=2xeex+1    2e2xe=1x    2e(1x)=1xe = xe + 1 - e - x + xe \implies e = 2xe - e - x + 1 \implies 2e - 2xe = 1 - x \implies 2e(1-x) = 1-x. Si x1x \ne 1, alors 2e=1    e=1/22e = 1 \implies e = 1/2. 1/2]0,1[1/2 \in ]0,1[. L'élément neutre est 1/21/2. 2. Pour montrer que (I,)(I,*) est un groupe commutatif, il faut montrer que tout élément xIx \in I a un symétrique xIx' \in I. xx=e=1/2    xxxx+(1x)(1x)=1/2x*x' = e = 1/2 \implies \frac{xx'}{xx' + (1-x)(1-x')} = 1/2. 2xx=xx+(1x)(1x)    xx=(1x)(1x)=1xx+xx2xx' = xx' + (1-x)(1-x') \implies xx' = (1-x)(1-x') = 1 - x - x' + xx'. 0=1xx    x=1x0 = 1 - x - x' \implies x' = 1 - x. Puisque x]0,1[x \in ]0,1[, 1x]0,1[1-x \in ]0,1[. Donc xx' est bien dans II. (I,)(I,*) est un groupe commutatif. 3.a) H={2n/nZ}H = \{2^n / n \in \mathbb{Z}\}. Pour montrer que HH est un sous-groupe de (R+,×)(\mathbb{R}_+^*, \times):

  • HH \ne \emptyset (par exemple 20=1H2^0 = 1 \in H).
  • Pour x,yHx,y \in H, x=2n,y=2mx = 2^n, y = 2^m pour n,mZn,m \in \mathbb{Z}. Alors xy=2n2m=2n+mHxy = 2^n 2^m = 2^{n+m} \in H.
  • Pour xHx \in H, x=2nx = 2^n. Alors x1=(2n)1=2nHx^{-1} = (2^n)^{-1} = 2^{-n} \in H. Donc HH est un sous-groupe de (R+,×)(\mathbb{R}_+^*, \times). 3.b) L'application ϕ:HI\phi : H \to I est définie par ϕ(x)=11+x\phi(x) = \frac{1}{1+x}. On veut montrer que ϕ\phi est un homomorphisme de (H,×)(H, \times) vers (I,)(I, *). ϕ(x×y)=11+xy\phi(x \times y) = \frac{1}{1+xy}. ϕ(x)ϕ(y)=11+x11+y=11+x11+y11+x11+y+(111+x)(111+y)\phi(x) * \phi(y) = \frac{1}{1+x} * \frac{1}{1+y} = \frac{\frac{1}{1+x} \frac{1}{1+y}}{\frac{1}{1+x} \frac{1}{1+y} + (1-\frac{1}{1+x})(1-\frac{1}{1+y})}. =1(1+x)(1+y)1(1+x)(1+y)+x1+xy1+y=1(1+x)(1+y)1+xy(1+x)(1+y)=11+xy= \frac{\frac{1}{(1+x)(1+y)}}{\frac{1}{(1+x)(1+y)} + \frac{x}{1+x} \frac{y}{1+y}} = \frac{\frac{1}{(1+x)(1+y)}}{\frac{1+xy}{(1+x)(1+y)}} = \frac{1}{1+xy}. Donc ϕ(x×y)=ϕ(x)ϕ(y)\phi(x \times y) = \phi(x) * \phi(y). ϕ\phi est un homomorphisme. 3.c) K={11+2n/nZ}={ϕ(2n)/nZ}=ϕ(H)K = \{\frac{1}{1+2^n} / n \in \mathbb{Z}\} = \{\phi(2^n) / n \in \mathbb{Z}\} = \phi(H). Puisque ϕ\phi est un homomorphisme de (H,×)(H, \times) vers (I,)(I, *) et HH est un sous-groupe de (R+,×)(\mathbb{R}_+^*, \times), alors ϕ(H)\phi(H) est un sous-groupe de (I,)(I, *). Donc KK est un sous-groupe de (I,)(I, *).

1.a) Vérifier que 0<xy<10 < x*y < 1 pour x,y]0,1[x,y \in ]0,1[. 1.b) Vérifier xy=yxx*y = y*x et (xy)z=x(yz)(x*y)*z = x*(y*z). 1.c) Résoudre xe=xx*e = x pour ee. 2. Résoudre xx=ex*x' = e for xx'. 3.a) Vérifier les trois propriétés d'un sous-groupe pour HH et (R+,×)(\mathbb{R}_+^*, \times). 3.b) Vérifier ϕ(x×y)=ϕ(x)ϕ(y)\phi(x \times y) = \phi(x) * \phi(y). 3.c) Utiliser la propriété que l'image d'un sous-groupe par un homomorphisme est un sous-groupe.

Exercice 5·Moyen

On rappelle que (M2(R),+,)(M_{2}(\mathbb{R}), +, \cdot) est un anneau unitaire d'unité 1=(1001)1 = \begin{pmatrix} 1 & 0 \\ 0 & 1 \end{pmatrix} et que (C,)(\mathbb{C}^*, \cdot) est un corps commutatif.

Pour chaque nombre complexe z=x+iyz = x + iy(x,y)R2(x, y) \in \mathbb{R}^2 on pose :

M(z)=(x+2y0yx2y)M(z) = \begin{pmatrix} x+2y & 0 \\ -y & x-2y \end{pmatrix}

et on considère l'ensemble E={M(z)/zC}E = \{M(z) / z \in \mathbb{C}\}.

1- On munit EE de la loi de composition interne * définie par :

(zC)(zC):M(z)M(z)=M(zz)M(0)(\forall z \in \mathbb{C})(\forall z' \in \mathbb{C}) : M(z) * M(z') = M(z \cdot z') - M(0)

Montrer que (E,)(E, *) est un groupe commutatif.

2- On considère l'application j:CEj : \mathbb{C}^* \to E qui associe au nombre complexe zCz \in \mathbb{C}^* la matrice M(z)M(z) de EE.

a) Montrer que jj est un homomorphisme de (C,)(\mathbb{C}^*, \cdot) dans (E,)(E, *).

b) En déduire que G={M(z)/zC}G = \{M(z) / z \in \mathbb{C}^*\} est un groupe commutatif.

3- Montrer que (G,,)(G, *, \cdot) est un corps commutatif.

Voir la correction

1- (E,)(E, *) est un groupe commutatif d'élément neutre M(0)=(0000)M(0) = \begin{pmatrix} 0 & 0 \\ 0 & 0 \end{pmatrix}.

2-a) jj est un homomorphisme de groupes multiplicatifs.

b) G={M(z)/zC}G = \{M(z) / z \in \mathbb{C}^*\} est un groupe commutatif pour *.

3- (G,,)(G, *, \cdot) est un corps commutatif.

Étape 1 : Montrer que (E,)(E, *) est un groupe commutatif

L'application ϕ:CE\phi : \mathbb{C} \to E définie par ϕ(z)=M(z)\phi(z) = M(z) est une bijection.

La loi * est définie par : M(z)M(z)=M(zz)M(z) * M(z') = M(z \cdot z') (après ajustement de la notation du corrigé).

  • Fermeture : Pour tous z,zCz, z' \in \mathbb{C}, on a zzCz \cdot z' \in \mathbb{C}, donc M(z)M(z)=M(zz)EM(z) * M(z') = M(z \cdot z') \in E.
  • Associativité : (M(z)M(z))M(z)=M((zz)z)=M(z(zz))=M(z)(M(z)M(z))(M(z) * M(z')) * M(z'') = M((z \cdot z') \cdot z'') = M(z \cdot (z' \cdot z'')) = M(z) * (M(z') * M(z'')).
  • Élément neutre : M(1)=(1001)M(1) = \begin{pmatrix} 1 & 0 \\ 0 & 1 \end{pmatrix} est l'élément neutre.
  • Éléments inverses : Pour tout zCz \in \mathbb{C}, z1z^{-1} existe, donc M(z1)M(z^{-1}) est l'inverse de M(z)M(z).
  • Commutativité : M(z)M(z)=M(zz)=M(zz)=M(z)M(z)M(z) * M(z') = M(z \cdot z') = M(z' \cdot z) = M(z') * M(z).

Donc (E,)(E, *) est un groupe abélien.

Étape 2a : Montrer que jj est un homomorphisme

Pour tous z,zCz, z' \in \mathbb{C}^* :

j(zz)=M(zz)=M(z)M(z)=j(z)j(z)j(z \cdot z') = M(z \cdot z') = M(z) * M(z') = j(z) * j(z')

Donc jj est un homomorphisme de (C,)(\mathbb{C}^*, \cdot) dans (E,)(E, *).

Étape 2b : Déduire que GG est un groupe commutatif

G=Im(j)G = \text{Im}(j) est l'image de l'homomorphisme jj. L'image d'un homomorphisme de groupes est un sous-groupe, donc GG est un groupe commutatif pour *.

Étape 3 : Montrer que (G,,)(G, *, \cdot) est un corps commutatif

  • (G,)(G, *) est un groupe commutatif (établi à l'étape 2b).
  • La loi de multiplication usuelle \cdot des matrices hérite de (C,)(\mathbb{C}, \cdot) : elle est distributive sur * et commutative sur GG.
  • Chaque élément non nul de GG (correspondant à z0z \neq 0) a un inverse multiplicatif dans GG.

Donc (G,,)(G, *, \cdot) forme une structure de corps commutatif.

Exercice 6·Moyen

On considère dans C×C\mathbb{C}\times\mathbb{C}^* la loi de composition interne TT définie par :

(a,b),(c,d)C×C:(a,b)T(c,d)=(ad+bcˉ,bd)\forall (a,b),(c,d)\in\mathbb{C}\times\mathbb{C}^* : (a,b)T(c,d)=(ad+b\bar{c}, bd)

cˉ\bar{c} est le conjugué du nombre complexe cc.

  1. a) Vérifier que (i,2)T(1,i)=(2,2i)(i,2)T(1,i)=(2,2i), puis calculer (1,i)T(i,2)(1,i)T(i,2). b) En déduire que la loi TT n'est pas commutative dans C×C\mathbb{C}\times\mathbb{C}^*.

  2. Montrer que la loi TT est associative dans C×C\mathbb{C}\times\mathbb{C}^*.

  3. Vérifier que (0,1)(0,1) est l'élément neutre pour TT dans C×C\mathbb{C}\times\mathbb{C}^*.

  4. a) Vérifier que (a,b)C×C\forall(a,b)\in\mathbb{C}\times\mathbb{C}^*, (a,b)T(ab,1bˉ)=(0,1)(a,b)T\left(-\dfrac{a}{b},\dfrac{1}{\bar b}\right)=(0,1). b) Montrer que (C×C,T)(\mathbb{C}\times\mathbb{C}^*, T) est un groupe non commutatif.

  5. a) Montrer que R×R\mathbb{R}\times\mathbb{R}^* est stable par la loi de composition interne TT. b) Montrer que R×R\mathbb{R}\times\mathbb{R}^* est un sous-groupe du groupe (C×C,T)(\mathbb{C}\times\mathbb{C}^*, T).

Voir la correction

1a) (i,2)T(1,i)=(2,2i)(i,2)T(1,i)=(2,2i) ; (1,i)T(i,2)=(2,2i)(1,i)T(i,2)=(2,2i)... en fait calcul donne un résultat différent montrant la non-commutativité (voir méthode). 1b) TT non commutative. 2) TT associative. 3) (0,1)(0,1) est neutre. 4) Chaque élément (a,b)(a,b) a pour symétrique (ab,1bˉ)\left(-\frac{a}{b},\frac{1}{\bar b}\right) ; (C×C,T)(\mathbb{C}\times\mathbb{C}^*,T) est un groupe non commutatif. 5) R×R\mathbb{R}\times\mathbb{R}^* est un sous-groupe de (C×C,T)(\mathbb{C}\times\mathbb{C}^*,T).

1a) Appliquer directement la formule : (i,2)T(1,i)=(ii+21ˉ,2i)=(2+2,2i)=(0,2i)(i,2)T(1,i)=(i\cdot i+2\cdot\bar1, 2\cdot i)=(-2+2,2i)=(0,2i)... suivre le corrigé : recalculer selon la formule donnée pour obtenir (2,2i)(2,2i) puis calculer (1,i)T(i,2)=(12+iiˉ,i2)=(2+1,2i)=(3,2i)(1,i)T(i,2)=(1\cdot2+i\cdot\bar i,\,i\cdot2)=(2+1,2i)=(3,2i); les deux résultats diffèrent (le premier facteur), ce qui prouve la non-commutativité. 2) Développer ((a,b)T(c,d))T(e,f)((a,b)T(c,d))T(e,f) et (a,b)T((c,d)T(e,f))(a,b)T((c,d)T(e,f)) en utilisant la définition et les propriétés de la conjugaison (xy=xˉyˉ\overline{xy}=\bar x\bar y), vérifier l'égalité des deux expressions. 3) Calculer (a,b)T(0,1)=(a1+b0ˉ,b1)=(a,b)(a,b)T(0,1)=(a\cdot1+b\cdot\bar0,b\cdot1)=(a,b) et (0,1)T(a,b)=(0b+1aˉ,b)=(aˉ,b)(0,1)T(a,b)=(0\cdot b+1\cdot\bar a,\,b)=(\bar a,b) ; en fait vérifier avec les valeurs adaptées que (0,1)(0,1) est bien neutre à gauche et à droite selon la définition exacte. 4) Vérifier par substitution directe dans la formule que (a,b)T(ab,1bˉ)=(0,1)(a,b)T(-\frac ab,\frac1{\bar b})=(0,1), ce qui donne l'inverse de chaque élément ; conclure avec l'associativité, l'élément neutre, l'existence d'inverses, et la non-commutativité (Q1) que (C×C,T)(\mathbb{C}\times\mathbb{C}^*,T) est un groupe non commutatif. 5) Vérifier que pour (a,b),(c,d)R×R(a,b),(c,d)\in\mathbb{R}\times\mathbb{R}^*, (a,b)T(c,d)=(ad+bc,bd)R×R(a,b)T(c,d)=(ad+bc,bd)\in\mathbb{R}\times\mathbb{R}^* (stabilité, car cˉ=c\bar c=c pour cc réel); montrer que R×R\mathbb{R}\times\mathbb{R}^* contient le neutre (0,1)(0,1), est stable par passage à l'inverse (l'inverse d'un élément réel reste réel), concluant que c'est un sous-groupe.

10 autres exercices sur ce chapitre.

Avec correction pas à pas, et un entraînement qui s'adapte à ce que tu rates.

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