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Espaces vectoriels

Mathématiques · 2ème Bac Sciences Maths B · 13 exercices

Méthode officielle

Structure d'espace vectoriel réel, sous-espaces, familles libres/génératrices, bases et dimension.

L'intuition

Imagine que tu es dans une ville où toutes les rues sont parfaitement droites et se croisent à angle droit. Pour aller d'un point A à un point B, tu peux te déplacer soit vers le nord/sud, soit vers l'est/ouest. Tu ne peux pas te déplacer en diagonale directement, mais tu peux simuler un déplacement en diagonale en combinant des mouvements nord/sud et est/ouest.

Maintenant, imagine que tu as des "instructions de mouvement" :

  1. Avancer/Reculer : Tu peux avancer ou reculer sur une rue donnée. Si tu as une instruction "avance de 5 blocs vers l'est", tu peux aussi l'interpréter comme "recule de 5 blocs vers l'ouest". C'est la multiplication par un nombre réel (un scalaire).
  2. Combiner des mouvements : Tu peux faire un mouvement vers l'est, puis un mouvement vers le nord. Le résultat est un déplacement combiné. C'est l'addition de vecteurs.

Un espace vectoriel, c'est un peu comme cette ville idéale. C'est un ensemble de "points" (qu'on appelle vecteurs) où tu peux faire ces deux types d'opérations : les additionner entre eux, et les "étirer" ou les "rétrécir" (multiplier par un nombre réel). Et ces opérations doivent se comporter de manière logique, comme dans la vraie vie : si tu vas de A à B puis de B à C, c'est comme si tu allais directement de A à C.

Les sous-espaces vectoriels sont comme des quartiers spéciaux dans cette ville. Par exemple, toutes les rues qui sont sur l'axe est-ouest forment un sous-espace. Si tu commences dans ce quartier et que tu ne fais que des mouvements est-ouest ou que tu combines des mouvements est-ouest, tu restes dans ce quartier.

Les familles libres sont des instructions de mouvement qui sont "indépendantes". Si tu as une instruction "aller vers l'est" et une autre "aller vers le nord", elles sont libres. Tu ne peux pas simuler "aller vers l'est" juste en utilisant des instructions "aller vers le nord". Par contre, si tu as "aller vers l'est" et "aller vers l'est deux fois plus vite", ces deux instructions ne sont pas libres, car la deuxième est juste un multiple de la première.

Les familles génératrices sont des instructions de mouvement qui te permettent d'atteindre n'importe quel point de la ville. Si tu as "aller vers l'est" et "aller vers le nord", tu peux atteindre n'importe quel point de la ville en combinant ces deux instructions.

Une base, c'est le meilleur ensemble d'instructions : elles sont indépendantes (libres) et te permettent d'aller partout (génératrices). C'est le minimum d'instructions indépendantes pour décrire toute la ville.

La dimension, c'est le nombre d'instructions indépendantes qu'il te faut pour décrire toute la ville. Dans notre ville 2D (est-ouest, nord-sud), il te faut 2 instructions. Si tu étais dans une ville en 3D (avec des ascenseurs pour monter/descendre), il te faudrait 3 instructions.

Le cours

I. Structure d'espace vectoriel réel

Un espace vectoriel réel est un ensemble non vide EE muni de deux lois :

  1. Une loi de composition interne, appelée addition de vecteurs, notée ++ : (u,v)E2,u+vE\forall (u, v) \in E^2, u+v \in E

  2. Une loi de composition externe, appelée multiplication par un scalaire, notée \cdot : (λ,u)R×E,λuE\forall (\lambda, u) \in \mathbb{R} \times E, \lambda \cdot u \in E

Ces deux lois doivent vérifier les huit axiomes suivants :

Axiomes de l'addition :

  1. Associativité : (u,v,w)E3,(u+v)+w=u+(v+w)\forall (u, v, w) \in E^3, (u+v)+w = u+(v+w)
  2. Commutativité : (u,v)E2,u+v=v+u\forall (u, v) \in E^2, u+v = v+u
  3. Existence d'un élément neutre : Il existe un vecteur 0EE0_E \in E tel que uE,u+0E=u\forall u \in E, u+0_E = u. Ce vecteur est appelé vecteur nul.
  4. Existence d'un élément symétrique : uE\forall u \in E, il existe un vecteur uE-u \in E tel que u+(u)=0Eu+(-u) = 0_E. Ce vecteur est appelé l'opposé de uu.

Axiomes de la multiplication par un scalaire : 5. Distributivité par rapport à l'addition des scalaires : (λ,μ)R2,uE,(λ+μ)u=λu+μu\forall (\lambda, \mu) \in \mathbb{R}^2, \forall u \in E, (\lambda+\mu) \cdot u = \lambda \cdot u + \mu \cdot u 6. Distributivité par rapport à l'addition des vecteurs : λR,(u,v)E2,λ(u+v)=λu+λv\forall \lambda \in \mathbb{R}, \forall (u, v) \in E^2, \lambda \cdot (u+v) = \lambda \cdot u + \lambda \cdot v 7. Associativité mixte : (λ,μ)R2,uE,(λμ)u=λ(μu)\forall (\lambda, \mu) \in \mathbb{R}^2, \forall u \in E, (\lambda \mu) \cdot u = \lambda \cdot (\mu \cdot u) 8. Élément neutre pour la multiplication : uE,1u=u\forall u \in E, 1 \cdot u = u

Un ensemble EE muni de ces deux lois et vérifiant ces huit axiomes est appelé un espace vectoriel réel. Les éléments de EE sont appelés vecteurs et les éléments de R\mathbb{R} sont appelés scalaires.

Exemples classiques d'espaces vectoriels :

  • Rn\mathbb{R}^n (l'ensemble des nn-uplets de nombres réels)
  • L'ensemble des polynômes de degré inférieur ou égal à nn, Rn[X]\mathbb{R}_n[X]
  • L'ensemble des fonctions continues sur un intervalle [a,b][a,b], C([a,b])C([a,b])
  • L'ensemble des matrices de taille m×nm \times n, Mm,n(R)M_{m,n}(\mathbb{R})

Vérifie que tu suis

Parmi les ensembles suivants, lequel est un espace vectoriel réel avec les opérations usuelles ?

II. Sous-espaces vectoriels

Soit (E,+,)(E, +, \cdot) un espace vectoriel réel. Une partie FF de EE est un sous-espace vectoriel de EE si :

  1. FF est non vide (FF \neq \emptyset).
  2. FF est stable par addition : (u,v)F2,u+vF\forall (u, v) \in F^2, u+v \in F.
  3. FF est stable par multiplication par un scalaire : (λ,u)R×F,λuF\forall (\lambda, u) \in \mathbb{R} \times F, \lambda \cdot u \in F.

Théorème (Caractérisation d'un sous-espace vectoriel) : Une partie FF de EE est un sous-espace vectoriel de EE si et seulement si :

  1. FF \neq \emptyset (ou de manière équivalente, 0EF0_E \in F).
  2. (u,v)F2,(λ,μ)R2,λu+μvF\forall (u, v) \in F^2, \forall (\lambda, \mu) \in \mathbb{R}^2, \lambda \cdot u + \mu \cdot v \in F. (Ceci est la condition de stabilité par combinaison linéaire).

Démonstration :

  • Sens direct (\Rightarrow) : Si FF est un sous-espace vectoriel, alors FF \neq \emptyset. De plus, pour u,vFu, v \in F et λ,μR\lambda, \mu \in \mathbb{R}, on a λuF\lambda \cdot u \in F et μvF\mu \cdot v \in F par stabilité par multiplication. Ensuite, (λu)+(μv)F(\lambda \cdot u) + (\mu \cdot v) \in F par stabilité par addition.
  • Sens réciproque (\Leftarrow) : Si les deux conditions sont vérifiées.
    • Puisque FF \neq \emptyset, il existe uFu \in F. En prenant λ=0\lambda = 0 et μ=0\mu = 0, on a 0u+0u=0EF0 \cdot u + 0 \cdot u = 0_E \in F. Donc FF contient le vecteur nul.
    • Pour montrer la stabilité par addition, on prend λ=1\lambda = 1 et μ=1\mu = 1. Alors 1u+1v=u+vF1 \cdot u + 1 \cdot v = u+v \in F.
    • Pour montrer la stabilité par multiplication par un scalaire, on prend μ=0\mu = 0. Alors λu+0v=λuF\lambda \cdot u + 0 \cdot v = \lambda \cdot u \in F. Les trois conditions de la définition sont donc vérifiées.

Exemple : Vérifions si G={(x,y,z)R3/x=y}G = \{(x,y,z) \in \mathbb{R}^3 / x=y\} est un sous-espace vectoriel de R3\mathbb{R}^3.

  1. 1

    1. Vérifier que GG est non vide (contient le vecteur nul).

    Le vecteur nul (0,0,0)(0,0,0) vérifie x=yx=y car 0=00=0. Donc (0,0,0)G(0,0,0) \in G. GG est non vide.

  2. 2

    1. Vérifier la stabilité par addition.

  3. 3

    Par définition de GG, on a x1=y1x_1=y_1 et x2=y2x_2=y_2.

  4. 4

    u+v=(x1+x2,y1+y2,z1+z2)u+v = (x_1+x_2, y_1+y_2, z_1+z_2).

  5. 5

    On vérifie si la première composante est égale à la deuxième : x1+x2=y1+y2x_1+x_2 = y_1+y_2 (car x1=y1x_1=y_1 et x2=y2x_2=y_2).

  6. 6

    Donc u+vGu+v \in G.

  7. 7

    1. Vérifier la stabilité par multiplication par un scalaire.

  8. 8

    Par définition de GG, on a x=yx=y.

  9. 9

    λu=(λx,λy,λz)\lambda u = (\lambda x, \lambda y, \lambda z).

  10. 10

    On vérifie si la première composante est égale à la deuxième : λx=λy\lambda x = \lambda y (car x=yx=y).

  11. 11

    Donc λuG\lambda u \in G.

  12. 12

    Conclusion

Vérifie que tu suis

Soit F={(x,y)R2/x+y=1}F = \{(x,y) \in \mathbb{R}^2 / x+y=1\}. FF est-il un sous-espace vectoriel de R2\mathbb{R}^2?

III. Familles de vecteurs

A. Combinaison linéaire

Soient v1,v2,,vpv_1, v_2, \dots, v_p des vecteurs d'un espace vectoriel EE. Un vecteur vEv \in E est une combinaison linéaire de ces vecteurs s'il existe des scalaires λ1,λ2,,λpR\lambda_1, \lambda_2, \dots, \lambda_p \in \mathbb{R} tels que :

v=λ1v1+λ2v2++λpvpv = \lambda_1 v_1 + \lambda_2 v_2 + \dots + \lambda_p v_p

B. Famille génératrice

Une famille de vecteurs (v1,v2,,vp)(v_1, v_2, \dots, v_p) est une famille génératrice de EE si tout vecteur de EE peut s'écrire comme une combinaison linéaire des vecteurs de cette famille. Autrement dit, vE,(λ1,,λp)Rp\forall v \in E, \exists (\lambda_1, \dots, \lambda_p) \in \mathbb{R}^p tels que v=λ1v1++λpvpv = \lambda_1 v_1 + \dots + \lambda_p v_p.

L'ensemble de toutes les combinaisons linéaires d'une famille (v1,,vp)(v_1, \dots, v_p) est appelé le sous-espace vectoriel engendré par cette famille, noté Vect(v1,,vp)Vect(v_1, \dots, v_p). C'est le plus petit sous-espace vectoriel de EE contenant tous les viv_i. Si (v1,,vp)(v_1, \dots, v_p) est une famille génératrice de EE, alors E=Vect(v1,,vp)E = Vect(v_1, \dots, v_p).

C. Famille libre

Une famille de vecteurs (v1,v2,,vp)(v_1, v_2, \dots, v_p) est une famille libre si la seule combinaison linéaire de ces vecteurs qui est égale au vecteur nul est celle où tous les scalaires sont nuls. Autrement dit :

λ1v1+λ2v2++λpvp=0E    λ1=λ2==λp=0\lambda_1 v_1 + \lambda_2 v_2 + \dots + \lambda_p v_p = 0_E \implies \lambda_1 = \lambda_2 = \dots = \lambda_p = 0

Si une famille n'est pas libre, elle est dite liée. Dans une famille liée, au moins un vecteur peut s'écrire comme une combinaison linéaire des autres vecteurs.

Exemple : Dans R3\mathbb{R}^3, étudions la liberté de la famille ((1,0,1),(2,1,3))\big((1,0,1),(2,1,3)\big). Soient λ1,λ2R\lambda_1, \lambda_2 \in \mathbb{R} tels que λ1(1,0,1)+λ2(2,1,3)=(0,0,0)\lambda_1 (1,0,1) + \lambda_2 (2,1,3) = (0,0,0). Ceci nous donne le système d'équations :

{λ1+2λ2=0λ2=0λ1+3λ2=0\begin{cases} \lambda_1 + 2\lambda_2 = 0 \\ \lambda_2 = 0 \\ \lambda_1 + 3\lambda_2 = 0 \end{cases}

De la deuxième équation, on a λ2=0\lambda_2 = 0. En substituant λ2=0\lambda_2 = 0 dans la première équation : λ1+2(0)=0    λ1=0\lambda_1 + 2(0) = 0 \implies \lambda_1 = 0. La troisième équation est aussi vérifiée : 0+3(0)=00 + 3(0) = 0. Puisque la seule solution est λ1=0\lambda_1 = 0 et λ2=0\lambda_2 = 0, la famille est libre.

Vérifie que tu suis

La famille de vecteurs ((1,2),(2,4))((1,2), (2,4)) dans R2\mathbb{R}^2 est-elle libre ?

D. Base d'un espace vectoriel

Une famille de vecteurs (v1,v2,,vn)(v_1, v_2, \dots, v_n) est une base de l'espace vectoriel EE si elle est à la fois :

  1. Libre
  2. Génératrice de EE

Si une famille est une base, alors tout vecteur de EE s'écrit de manière unique comme une combinaison linéaire des vecteurs de cette base. Les scalaires λi\lambda_i sont appelés les coordonnées du vecteur dans cette base.

Exemple : La base canonique de Rn\mathbb{R}^n est la famille (e1,e2,,en)(e_1, e_2, \dots, e_n)eie_i est le vecteur dont la ii-ème composante est 1 et toutes les autres sont 0. Par exemple, pour R3\mathbb{R}^3, la base canonique est ((1,0,0),(0,1,0),(0,0,1))((1,0,0), (0,1,0), (0,0,1)).

IV. Dimension d'un espace vectoriel

Théorème fondamental : Si un espace vectoriel EE admet une base, alors toutes les bases de EE ont le même nombre de vecteurs.

Ce nombre unique est appelé la dimension de l'espace vectoriel EE, notée dim(E)dim(E).

  • Si E={0E}E = \{0_E\}, alors dim(E)=0dim(E) = 0.
  • Si EE n'admet pas de base finie, on dit qu'il est de dimension infinie (ce cas n'est pas au programme du 2ème Bac SM).

Propriétés importantes de la dimension : Soit EE un espace vectoriel de dimension nn.

  1. Toute famille libre de EE a au plus nn vecteurs. Si elle a nn vecteurs, c'est une base de EE.
  2. Toute famille génératrice de EE a au moins nn vecteurs. Si elle a nn vecteurs, c'est une base de EE.
  3. De toute famille génératrice de EE, on peut extraire une base de EE.
  4. Toute famille libre de EE peut être complétée en une base de EE.

Dimension d'un sous-espace vectoriel : Si FF est un sous-espace vectoriel de EE, alors dim(F)dim(E)dim(F) \le dim(E). Si dim(F)=dim(E)dim(F) = dim(E), alors F=EF=E.

Exemple : Donner la dimension du sous-espace vectoriel de R3\mathbb{R}^3 engendré par les vecteurs u=(1,2,0)u=(1,2,0) et v=(2,4,0)v=(2,4,0). Soit F=Vect(u,v)F = Vect(u,v). On remarque que v=2uv = 2u. Les vecteurs uu et vv sont colinéaires, donc la famille (u,v)(u,v) est liée. Puisque u(0,0,0)u \neq (0,0,0), la famille (u)(u) est libre. De plus, F=Vect(u,v)=Vect(u)F = Vect(u,v) = Vect(u). La famille (u)(u) est libre et génératrice de FF. C'est donc une base de FF. Le nombre de vecteurs dans cette base est 1. Donc dim(F)=1dim(F) = 1.

Exemple résolu

Extrait d'annale : Soit G={(x,y,z)R3/x=y}G = \{(x,y,z) \in \mathbb{R}^3 / x=y\}. Soient u=(1,1,0)Gu=(1,1,0) \in G et v=(2,2,1)Gv=(2,2,1) \in G. Vérifier si le vecteur u+vu+v appartient à GG.

  1. 1

    1. Calculer le vecteur u+vu+v.

    u+v=(1+2,1+2,0+1)=(3,3,1)u+v = (1+2, 1+2, 0+1) = (3,3,1).

  2. 2

    1. Vérifier si u+vu+v satisfait la condition de GG.

  3. 3

    Pour u+v=(3,3,1)u+v=(3,3,1), la première composante est 3 et la deuxième est 3.

  4. 4

    On a bien 3=33=3.

  5. 5

    1. Conclure.

Extrait d'annale : Donner la dimension du sous-espace vectoriel de R3\mathbb{R}^3 engendré par les vecteurs u=(1,2,0)u=(1,2,0) et v=(2,4,0)v=(2,4,0).

  1. 1

    1. Définir le sous-espace vectoriel.

    Soit F=Vect(u,v)F = Vect(u,v) le sous-espace vectoriel engendré par uu et vv.

  2. 2

    1. Étudier la liberté de la famille (u,v)(u,v).

  3. 3

    λ1(1,2,0)+λ2(2,4,0)=(0,0,0)\lambda_1 (1,2,0) + \lambda_2 (2,4,0) = (0,0,0)

  4. 4

    Ceci donne le système :

  5. 5

    {λ1+2λ2=02λ1+4λ2=00λ1+0λ2=0\begin{cases} \lambda_1 + 2\lambda_2 = 0 \\ 2\lambda_1 + 4\lambda_2 = 0 \\ 0\lambda_1 + 0\lambda_2 = 0 \end{cases}

  6. 6

    La troisième équation est toujours vraie.

  7. 7

    La première équation est λ1=2λ2\lambda_1 = -2\lambda_2.

  8. 8

    Substituons dans la deuxième : 2(2λ2)+4λ2=0    4λ2+4λ2=0    0=02(-2\lambda_2) + 4\lambda_2 = 0 \implies -4\lambda_2 + 4\lambda_2 = 0 \implies 0=0.

  9. 9

    Le système a une infinité de solutions. Par exemple, si on prend λ2=1\lambda_2 = 1, alors λ1=2\lambda_1 = -2.

  10. 10

    Donc 2u+1v=(0,0,0)-2u + 1v = (0,0,0).

  11. 11

    La famille (u,v)(u,v) est liée.

  12. 12

    1. Trouver une base de FF.

  13. 13

    Cependant, u(0,0,0)u \neq (0,0,0), donc la famille (u)(u) est libre.

  14. 14

    De plus, comme v=2uv = 2u, tout vecteur de FF qui est une combinaison linéaire de uu et vv peut s'écrire :

  15. 15

    w=αu+βv=αu+β(2u)=(α+2β)uw = \alpha u + \beta v = \alpha u + \beta (2u) = (\alpha + 2\beta) u.

  16. 16

    Donc F=Vect(u)F = Vect(u).

  17. 17

    La famille (u)(u) est libre et génératrice de FF. C'est donc une base de FF.

  18. 18

    1. Déterminer la dimension.

  19. 19

    Donc dim(F)=1dim(F) = 1.

Extrait d'annale : Dans R3\mathbb{R}^3, étudier la liberté de la famille ((1,0,1),(2,1,3))\big((1,0,1),(2,1,3)\big).

  1. 1

    1. Poser la combinaison linéaire nulle.

    Soient λ1,λ2R\lambda_1, \lambda_2 \in \mathbb{R} tels que λ1(1,0,1)+λ2(2,1,3)=(0,0,0)\lambda_1 (1,0,1) + \lambda_2 (2,1,3) = (0,0,0).

  2. 2

    1. Écrire le système d'équations.

  3. 3

    {λ1+2λ2=0(L1)0λ1+1λ2=0(L2)1λ1+3λ2=0(L3)\begin{cases} \lambda_1 + 2\lambda_2 = 0 \quad (L_1) \\ 0\lambda_1 + 1\lambda_2 = 0 \quad (L_2) \\ 1\lambda_1 + 3\lambda_2 = 0 \quad (L_3) \end{cases}

  4. 4

    1. Résoudre le système.

  5. 5

    Substituons λ2=0\lambda_2 = 0 dans (L1)(L_1) : λ1+2(0)=0    λ1=0\lambda_1 + 2(0) = 0 \implies \lambda_1 = 0.

  6. 6

    Vérifions avec (L3)(L_3) : 0+3(0)=00 + 3(0) = 0, ce qui est vrai.

  7. 7

    1. Conclure sur la liberté.

  8. 8

    Par définition, la famille ((1,0,1),(2,1,3))\big((1,0,1),(2,1,3)\big) est libre.

La méthode

Pour chaque type de question, voici la démarche attendue.

Pour montrer qu'un ensemble FF est un sous-espace vectoriel de EE

  1. Vérifier que FF est non vide : Montre que le vecteur nul 0E0_E appartient à FF. C'est souvent la vérification la plus simple.
  2. Vérifier la stabilité par combinaison linéaire :
    • Prends deux vecteurs uu et vv quelconques dans FF.
    • Prends deux scalaires λ\lambda et μ\mu quelconques dans R\mathbb{R}.
    • Calcule la combinaison linéaire λu+μv\lambda u + \mu v.
    • Montre que ce nouveau vecteur λu+μv\lambda u + \mu v satisfait la (ou les) condition(s) de FF.

Pour étudier la liberté d'une famille de vecteurs (v1,,vp)(v_1, \dots, v_p)

  1. Poser la combinaison linéaire nulle : Écris l'équation λ1v1++λpvp=0E\lambda_1 v_1 + \dots + \lambda_p v_p = 0_E.
  2. Traduire en système d'équations : Remplace les vecteurs par leurs composantes et écris le système linéaire homogène correspondant.
  3. Résoudre le système : Utilise les méthodes de résolution de systèmes (substitution, pivot de Gauss, etc.).
  4. Conclure :
    • Si la seule solution est λ1==λp=0\lambda_1 = \dots = \lambda_p = 0, alors la famille est libre.
    • Si tu trouves des solutions avec au moins un λi0\lambda_i \neq 0, alors la famille est liée. Dans ce cas, tu peux exprimer un vecteur en fonction des autres.

Pour trouver une base et la dimension d'un sous-espace vectoriel F=Vect(v1,,vp)F = Vect(v_1, \dots, v_p)

  1. Écrire les vecteurs sous forme de colonnes (ou lignes) d'une matrice : Cela peut aider à visualiser les dépendances.
  2. Réduire la famille génératrice :
    • Si un vecteur est le vecteur nul, retire-le.
    • Si un vecteur est une combinaison linéaire des autres, retire-le. La méthode la plus efficace est de former un système pour tester la liberté.
    • Continue jusqu'à obtenir une famille libre.
  3. Vérifier que la famille réduite est génératrice : Par construction, si tu as retiré des vecteurs qui étaient combinaisons linéaires des autres, la famille restante engendre le même sous-espace.
  4. Conclure : La famille libre et génératrice obtenue est une base de FF. Le nombre de vecteurs dans cette base est la dimension de FF.

Pièges classiques

  1. Oublier de vérifier que FF est non vide (ou que 0EF0_E \in F) : C'est une condition nécessaire et souvent la plus rapide à vérifier. Si 0EF0_E \notin F, FF n'est pas un sous-espace vectoriel, et tu n'as pas besoin de vérifier les autres conditions.
    • Exemple : F={(x,y)R2/x+y=1}F = \{(x,y) \in \mathbb{R}^2 / x+y=1\}. Le vecteur nul (0,0)(0,0) ne vérifie pas 0+0=10+0=1. Donc (0,0)F(0,0) \notin F. FF n'est pas un sous-espace vectoriel.
  2. Confondre "famille libre" et "famille génératrice" :
    • Une famille libre ne contient pas de "redondance" (aucun vecteur n'est combinaison linéaire des autres).
    • Une famille génératrice "couvre" tout l'espace.
    • Une base fait les deux.
  3. Penser qu'une famille de nn vecteurs dans un espace de dimension nn est forcément une base : C'est vrai si elle est libre ou si elle est génératrice. Mais pas forcément les deux.
    • Contre-exemple : Dans R2\mathbb{R}^2 (dimension 2), la famille ((1,0),(2,0))((1,0), (2,0)) a 2 vecteurs. Elle n'est pas libre (car (2,0)=2(1,0)(2,0) = 2 \cdot (1,0)) et n'est pas génératrice de R2\mathbb{R}^2 (elle n'engendre qu'une droite).
  4. Erreurs de calcul lors de la résolution de systèmes : Une petite erreur peut te faire conclure à tort qu'une famille est libre alors qu'elle est liée, ou inversement. Sois rigoureux.
  5. Ne pas comprendre le lien entre dimension et nombre de vecteurs :
    • Dans un espace de dimension nn, tu ne peux pas avoir plus de nn vecteurs libres.
    • Dans un espace de dimension nn, tu as besoin d'au moins nn vecteurs pour le générer.

Ce qui tombe à l'examen

Le chapitre des espaces vectoriels est généralement évalué dans la partie "Algèbre & Géométrie" de l'examen national, avec une pondération d'environ 5% du total. Il est souvent combiné avec d'autres structures algébriques (groupes, anneaux, corps) ou des questions sur les nombres complexes.

Format des questions : Les questions sont généralement directes et visent à tester l'application des définitions et propriétés fondamentales.

  1. Vérification de sous-espace vectoriel :

    • "Soit F={(x,y,z)R3/x=y}F = \{(x,y,z) \in \mathbb{R}^3 / x=y\}. Montrer que FF est un sous-espace vectoriel de R3\mathbb{R}^3."
    • Barème : 0.75 à 1 point. (0.25 pour 0EF0_E \in F, 0.25 pour stabilité par addition, 0.25 pour stabilité par multiplication scalaire).
  2. Étude de liberté d'une famille :

    • "Dans R3\mathbb{R}^3, étudier la liberté de la famille ((1,0,1),(2,1,3))\big((1,0,1),(2,1,3)\big)."
    • Barème : 0.5 à 0.75 point. (0.25 pour la mise en place du système, 0.25 pour la résolution, 0.25 pour la conclusion).
  3. Détermination d'une base et de la dimension d'un sous-espace engendré :

    • "Donner la dimension du sous-espace vectoriel de R3\mathbb{R}^3 engendré par les vecteurs u=(1,2,0)u=(1,2,0) et v=(2,4,0)v=(2,4,0)."
    • Barème : 0.75 à 1 point. (0.25 pour l'étude de la dépendance linéaire, 0.25 pour l'identification de la base, 0.25 pour la dimension).
  4. Vérification d'appartenance à un sous-espace :

    • "Soit G={(x,y,z)R3/x=y}G = \{(x,y,z) \in \mathbb{R}^3 / x=y\}. Soient u=(1,1,0)Gu=(1,1,0) \in G et v=(2,2,1)Gv=(2,2,1) \in G. Vérifier si le vecteur u+vu+v appartient à GG."
    • Barème : 0.25 à 0.5 point. (0.25 pour le calcul de u+vu+v, 0.25 pour la vérification de la condition).

Conseils pour l'examen :

  • Maîtrise des définitions : Connais par cœur les définitions d'espace vectoriel, sous-espace vectoriel, famille libre, famille génératrice, base et dimension.
  • Rigueur dans la rédaction : Chaque étape doit être justifiée. Ne saute pas d'étapes, surtout pour la résolution de systèmes.
  • Pratique des systèmes linéaires : La résolution de systèmes d'équations est une compétence clé pour ce chapitre. Entraîne-toi à les résoudre rapidement et sans erreur.
  • Exemples classiques : Sois à l'aise avec Rn\mathbb{R}^n et les polynômes.
  • Attention aux pièges : Vérifie toujours le vecteur nul pour les sous-espaces.

Exercices corrigés

Exercice 1·Facile

Dans R3\mathbb{R}^3, étudier la liberté de la famille ((1,0,1),(2,1,3))\big((1,0,1),(2,1,3)\big).

Voir la correction

Soient a,bRa,b\in\mathbb{R} tels que a(1,0,1)+b(2,1,3)=(0,0,0)a(1,0,1)+b(2,1,3)=(0,0,0). On obtient le système {a+2b=0b=0a+3b=0\begin{cases}a+2b=0\\ b=0\\ a+3b=0\end{cases}. De la deuxième équation, b=0b=0, puis la première donne a=0a=0. Ainsi la seule relation linéaire est triviale. Donc la famille ((1,0,1),(2,1,3))\big((1,0,1),(2,1,3)\big) est libre.

Poser une combinaison linéaire nulle et résoudre le système obtenu. Si la seule solution est a=b=0a=b=0, la famille est libre.

Exercice 2·Facile

Soit G={(x,y,z)R3/x=y}G = \{(x,y,z) \in \mathbb{R}^3 / x=y\}. Soient u=(1,1,0)Gu=(1,1,0) \in G et v=(2,2,1)Gv=(2,2,1) \in G. Vérifier si le vecteur u+vu+v appartient à GG.

Voir la correction

Le vecteur u+v=(1+2,1+2,0+1)=(3,3,1)u+v = (1+2, 1+2, 0+1) = (3,3,1). Pour vérifier s'il appartient à GG, on regarde la condition x=yx=y. Ici, la première coordonnée est 33 et la deuxième est 33. Comme 3=33=3, la condition est satisfaite, donc u+vGu+v \in G.

  1. Calculer les coordonnées du vecteur u+vu+v. 2. Substituer ces coordonnées dans la condition définissant l'ensemble GG. 3. Conclure si la condition est vérifiée.
Exercice 3·Facile

Soit F={(x,y)R2/x+2y=0}F = \{(x,y) \in \mathbb{R}^2 / x+2y=0\}. Soit u=(2,1)Fu=(2,-1) \in F. Vérifier si le vecteur 3u3u appartient à FF.

Voir la correction

Le vecteur 3u=(3×2,3×(1))=(6,3)3u = (3 \times 2, 3 \times (-1)) = (6,-3). Pour vérifier s'il appartient à FF, on remplace dans la condition: 6+2(3)=66=06+2(-3) = 6-6=0. La condition est satisfaite, donc 3uF3u \in F.

  1. Calculer les coordonnées du vecteur 3u3u. 2. Substituer ces coordonnées dans la condition définissant l'ensemble FF. 3. Conclure si la condition est vérifiée.
Exercice 4·Facile

Dans R3\mathbb{R}^3, étudier la liberté de la famille ((1,0,1),(2,1,3))\big((1,0,1),(2,1,3)\big).

Voir la correction

Soient a,bRa,b\in\mathbb{R} tels que a(1,0,1)+b(2,1,3)=(0,0,0)a(1,0,1)+b(2,1,3)=(0,0,0). On obtient le système {a+2b=0b=0a+3b=0\begin{cases}a+2b=0\\ b=0\\ a+3b=0\end{cases}. De b=0b=0, on déduit a=0a=0. La seule combinaison linéaire nulle est la combinaison triviale, donc la famille est libre.

  • Écrire a(1,0,1)+b(2,1,3)=(0,0,0)a(1,0,1)+b(2,1,3)=(0,0,0).
  • Identifier les coordonnées.
  • Résoudre et conclure.
Exercice 5·Facile

Vérifier si le vecteur nul de R2\mathbb{R}^2 appartient à l'ensemble E={(x,y)R2/xy=0}E = \{(x,y) \in \mathbb{R}^2 / x-y=0\}.

Voir la correction

Oui, le vecteur nul (0,0)(0,0) appartient à EE car 00=00-0=0.

  1. Identifier le vecteur nul de l'espace vectoriel. 2. Vérifier si ses coordonnées satisfont la condition de l'ensemble EE.
Exercice 6·Facile

Dans l'espace vectoriel réel R3\mathbb{R}^3, on considère F={(x,y,z)R3x2y+z=0}F=\{(x,y,z)\in\mathbb{R}^3\mid x-2y+z=0\}. Montrer que FF est un sous-espace vectoriel de R3\mathbb{R}^3.

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On définit l'application linéaire φ:R3R\varphi:\mathbb{R}^3\to\mathbb{R} par φ(x,y,z)=x2y+z\varphi(x,y,z)=x-2y+z. Alors F=ker(φ)F=\ker(\varphi). Or le noyau d'une application linéaire est un sous-espace vectoriel. Donc FF est un sous-espace vectoriel de R3\mathbb{R}^3.

  • Poser φ(x,y,z)=x2y+z\varphi(x,y,z)=x-2y+z.
  • Vérifier que φ\varphi est linéaire.
  • Conclure que F=ker(φ)F=\ker(\varphi) est un sous-espace vectoriel.

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Avec correction pas à pas, et un entraînement qui s'adapte à ce que tu rates.

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