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Expression du matériel génétique — génie génétique

Sciences de la Vie et de la Terre · 2ème Bac Sciences Physique-Chimie · 10 exercices

Méthode officielle

Établir la relation ADN → ARNm → protéine (transcription, traduction, code génétique) à partir de documents, et exploiter les techniques du génie génétique (enzymes de restriction, plasmides, transgénèse) dans un raisonnement rigoureux.

L'intuition

Imagine que tu as une recette de cuisine très précieuse, écrite dans un vieux livre familial. Cette recette est unique et contient toutes les instructions pour préparer un plat délicieux. C'est ton ADN.

Maintenant, tu veux partager cette recette avec un ami, mais tu ne veux pas lui donner le livre original, car il est trop fragile. Tu vas donc recopier la recette sur une feuille de papier, en utilisant une écriture plus simple et plus rapide à lire. Cette copie, c'est l'ARNm. Elle contient la même information que la recette originale, mais sous une forme plus transportable et utilisable.

Ton ami reçoit la feuille et, pour préparer le plat, il va suivre les instructions étape par étape. Chaque instruction correspond à l'ajout d'un ingrédient ou à une action spécifique. Le plat final que ton ami prépare, avec toutes ses saveurs et sa texture, c'est la protéine.

Si tu veux modifier le plat, par exemple pour le rendre plus épicé, tu ne vas pas changer le livre original. Tu vas plutôt modifier la copie de la recette (l'ARNm) ou même insérer une nouvelle instruction (un nouveau gène) dans la copie pour qu'elle soit lue différemment. C'est ça, le génie génétique : manipuler les recettes pour obtenir de nouveaux plats, ou des plats améliorés.

Le cours

Ce chapitre est fondamental pour comprendre comment l'information génétique, stockée dans l'ADN, est utilisée par la cellule pour fabriquer les protéines, qui sont les acteurs essentiels de toutes les fonctions biologiques. Il te prépare aussi à comprendre comment l'homme peut manipuler cette information pour des applications biotechnologiques.

I. L'expression du matériel génétique : ADN → ARNm → Protéine

L'expression génétique est le processus par lequel l'information contenue dans un gène est utilisée pour synthétiser une protéine fonctionnelle. Ce processus suit le dogme central de la biologie moléculaire : ADN → ARNm → Protéine.

A. La transcription : ADN → ARNm

La transcription est la synthèse d'une molécule d'ARN messager (ARNm) à partir d'une séquence d'ADN. Elle se déroule dans le noyau chez les eucaryotes et dans le cytoplasme chez les procaryotes.

  1. Mécanisme de la transcription :

    • Initiation : L'ARN polymérase se fixe à une région spécifique de l'ADN appelée promoteur, située en amont du gène à transcrire. Elle déroule localement la double hélice d'ADN.
    • Élongation : L'ARN polymérase se déplace le long du brin matrice (brin transcrit) de l'ADN, en synthétisant un brin d'ARNm complémentaire. Les nucléotides de l'ARN (A, U, G, C) s'apparient aux nucléotides de l'ADN (T, A, C, G respectivement). L'uracile (U) remplace la thymine (T) dans l'ARNm. La synthèse se fait dans le sens 535' \rightarrow 3'.
    • Terminaison : L'ARN polymérase atteint une séquence de terminaison sur l'ADN, ce qui provoque son détachement et la libération de la molécule d'ARNm nouvellement synthétisée.
  2. Maturation de l'ARNm (chez les eucaryotes) :

    • L'ARNm primaire (pré-ARNm) subit des modifications avant de devenir fonctionnel et de quitter le noyau.
    • Épissage : Les introns (séquences non codantes) sont excisés, et les exons (séquences codantes) sont raccordés entre eux.
    • Coiffe en 5' et queue poly-A en 3' : Ajout d'une coiffe à l'extrémité 55' et d'une queue poly-A (séquence d'adénines) à l'extrémité 33'. Ces modifications protègent l'ARNm de la dégradation et facilitent sa traduction.

B. La traduction : ARNm → Protéine

La traduction est la synthèse d'une chaîne polypeptidique (protéine) à partir de l'information contenue dans l'ARNm. Elle se déroule dans le cytoplasme, au niveau des ribosomes.

  1. Le code génétique :

    • L'information génétique est lue par groupes de trois nucléotides appelés codons. Chaque codon spécifie un acide aminé particulier.
    • Caractéristiques du code génétique :
      • Universel : Le même codon spécifie le même acide aminé chez presque tous les êtres vivants.
      • Dégénéré (ou redondant) : Plusieurs codons peuvent spécifier le même acide aminé (ex: UCU, UCC, UCA, UCG codent tous pour la Sérine).
      • Non chevauchant : Les codons sont lus séquentiellement, sans chevauchement.
      • Spécifique : Un codon ne code que pour un seul acide aminé.
    • Codons particuliers :
      • Codon initiateur : AUG, qui code pour la Méthionine et signale le début de la traduction.
      • Codons stop : UAA, UAG, UGA, qui ne codent pour aucun acide aminé et signalent la fin de la traduction.
  2. Mécanisme de la traduction :

    • Initiation : Le petit sous-unité ribosomal se fixe à l'ARNm et se déplace jusqu'au codon initiateur AUG. Le premier ARNt (ARN de transfert) portant la Méthionine s'y fixe. Le grand sous-unité ribosomal se joint ensuite, formant un ribosome complet.
    • Élongation : Les ARNt, chacun portant un acide aminé spécifique, se fixent successivement aux codons de l'ARNm dans le site A du ribosome. Une liaison peptidique se forme entre l'acide aminé porté par l'ARNt du site A et la chaîne polypeptidique en croissance dans le site P. Le ribosome se déplace d'un codon, l'ARNt déchargé quitte le site E, et le processus se répète.
    • Terminaison : Le ribosome rencontre un codon stop sur l'ARNm. Un facteur de libération se fixe au codon stop, provoquant la dissociation du ribosome, la libération de la chaîne polypeptidique et la séparation de l'ARNm.
  3. De la chaîne polypeptidique à la protéine fonctionnelle :

    • La chaîne polypeptidique nouvellement synthétisée doit se replier dans une structure tridimensionnelle spécifique pour devenir une protéine fonctionnelle. Ce repliement peut être assisté par des protéines chaperonnes.
    • Des modifications post-traductionnelles (clivage, ajout de groupements chimiques, assemblage de plusieurs chaînes) peuvent également être nécessaires.

II. Le génie génétique : manipulation du matériel génétique

Le génie génétique regroupe l'ensemble des techniques permettant de manipuler, isoler, modifier ou transférer des gènes d'un organisme à un autre.

A. Les outils du génie génétique

  1. Enzymes de restriction :

    • Ce sont des enzymes capables de reconnaître des séquences spécifiques de nucléotides sur l'ADN et de les couper. Elles agissent comme des "ciseaux moléculaires".
    • Elles produisent souvent des extrémités "collantes" (brins simples complémentaires) qui peuvent se lier à d'autres fragments d'ADN coupés par la même enzyme.
  2. Ligases :

    • Ce sont des enzymes qui catalysent la formation de liaisons phosphodiester, permettant de "coller" ensemble des fragments d'ADN.
  3. Vecteurs de clonage (plasmides) :

    • Les plasmides sont de petits ADN circulaires présents naturellement chez les bactéries, capables de se répliquer indépendamment du chromosome bactérien.
    • Ils sont utilisés comme vecteurs pour introduire des gènes étrangers dans des cellules hôtes. Un plasmide modifié (recombinant) contient le gène d'intérêt et des marqueurs de sélection (ex: gène de résistance à un antibiotique).
  4. ADN polymérase :

    • Enzyme capable de synthétiser un nouveau brin d'ADN à partir d'une matrice existante. Utilisée notamment pour la PCR (Polymerase Chain Reaction) pour amplifier des séquences d'ADN.

B. Les étapes de la transgénèse (transfert de gènes)

La transgénèse est le processus d'introduction d'un gène étranger (transgène) dans le génome d'un organisme, le rendant ainsi transgénique.

  1. Isolement du gène d'intérêt :

    • Le gène à transférer est identifié et isolé à partir de l'ADN de l'organisme donneur, souvent à l'aide d'enzymes de restriction.
  2. Insertion du gène dans un vecteur :

    • Le gène isolé est inséré dans un plasmide (ou un autre vecteur viral) qui a été coupé par la même enzyme de restriction. La ligase permet de souder le gène au plasmide, créant un ADN recombinant.
  3. Introduction du vecteur recombinant dans une cellule hôte :

    • Le plasmide recombinant est introduit dans une cellule hôte (ex: bactérie, levure, cellule végétale ou animale) par des techniques comme la transformation bactérienne, l'électroporation ou l'injection.
  4. Sélection des cellules transformées :

    • Les cellules ayant intégré le vecteur recombinant sont sélectionnées, par exemple en utilisant la résistance à un antibiotique conférée par le plasmide.
  5. Expression du gène et production de la protéine :

    • Les cellules transformées sont cultivées pour produire en grande quantité la protéine d'intérêt (ex: insuline, hormones de croissance).

C. Applications du génie génétique

  • Médecine : Production de médicaments (insuline, hormones), thérapie génique (correction de gènes défectueux), diagnostic de maladies génétiques.
  • Agriculture : Création de plantes transgéniques résistantes aux maladies, aux insectes ou aux herbicides, amélioration de la qualité nutritionnelle des cultures.
  • Environnement : Dépollution par des bactéries génétiquement modifiées.
  • Recherche fondamentale : Étude de la fonction des gènes.

Exemple résolu

Le cadre de référence insiste sur l'exploitation de documents pour le raisonnement. Voyons un exemple tiré d'une annale réelle.

Exercice 2 (3 pts) Pour étudier certains aspects de la transmission et d’expression de l’information génétique, on propose les données suivantes. • Au cours de chaque cycle cellulaire, la cellule subit un ensemble de phénomènes biologiques qui interviennent dans le maintien de l’information génétique lors de sa transmission d’une cellule à une autre. Pour mettre en évidence un de ces phénomènes ainsi que son importance, on propose l’expérience présentée par le document 1. Remarque : La thymidine est un nucléotide spécifique de l’ADN.

Document 1 : On cultive des cellules en présence de thymidine radioactive pendant une courte période (phase 1), puis on les transfère dans un milieu de culture non radioactif (phase 2). Après un certain temps, on réalise des autoradiographies des chromosomes de ces cellules. Les résultats sont présentés dans la figure (a) et (b) du document 1.

figure

Question :

  1. Décris les résultats obtenus dans les figures (a) et (b) du document 1. (1 pt)
  2. Déduis le phénomène biologique mis en évidence par cette expérience et son importance. (2 pts)

Correction détaillée :

1. Description des résultats : (1 pt)

  • Figure (a) : Après une courte période de culture en présence de thymidine radioactive, on observe que les deux chromatides de chaque chromosome sont uniformément marquées par la radioactivité (elles apparaissent noires sur l'autoradiographie).
  • Figure (b) : Après un transfert dans un milieu non radioactif et une nouvelle division cellulaire, on observe que pour chaque chromosome, une seule des deux chromatides est marquée par la radioactivité (noire), tandis que l'autre chromatide est non marquée (blanche).

2. Déduction du phénomène et de son importance : (2 pts)

  • Phénomène mis en évidence : La réplication semi-conservative de l'ADN.
    • Justification : Le marquage uniforme des deux chromatides en figure (a) indique que l'ADN a été synthétisé en présence de thymidine radioactive. Le fait qu'en figure (b), après une division, une seule chromatide soit marquée, signifie que chaque nouvelle molécule d'ADN est constituée d'un brin ancien (marqué) et d'un brin nouveau (non marqué). C'est la définition de la réplication semi-conservative.
  • Importance : La réplication semi-conservative de l'ADN assure la transmission fidèle et complète de l'information génétique d'une cellule mère aux deux cellules filles lors de la division cellulaire. Cela garantit la stabilité du patrimoine génétique au cours des générations cellulaires.

La méthode

Pour réussir les exercices sur ce chapitre, tu dois maîtriser des gestes types.

  1. Lecture attentive de l'énoncé et des documents :

    • Identifie le problème biologique posé.
    • Repère les informations clés (conditions expérimentales, résultats, molécules impliquées).
    • Analyse chaque figure, tableau ou graphique : titre, légendes, unités, axes.
  2. Description des résultats :

    • Sois précis et objectif. Ne donne pas d'interprétation à ce stade.
    • Compare les données si plusieurs conditions sont présentées (ex: "X est plus élevé chez A que chez B").
    • Utilise les valeurs numériques si elles sont disponibles.
  3. Analyse et interprétation :

    • Relie les résultats décrits aux connaissances du cours.
    • Explique pourquoi tu observes ces résultats.
    • Formule des hypothèses si demandé.
  4. Déduction/Conclusion :

    • Réponds clairement à la question posée en t'appuyant sur ton analyse.
    • Valide ou invalide une hypothèse si nécessaire.
    • Fais le lien entre génotype et phénotype, ou entre une mutation et ses conséquences.
  5. Schématisation (si demandée) :

    • Utilise des conventions claires (couleurs, symboles).
    • Légende précisément tous les éléments.
    • Le schéma doit illustrer un mécanisme ou une structure.
  6. Application du code génétique :

    • Savoir passer d'une séquence d'ADN (brin transcrit ou non transcrit) à l'ARNm, puis à la séquence d'acides aminés.
    • Attention au brin transcrit (353' \rightarrow 5' pour la lecture de l'ARN polymérase, donc ARNm 535' \rightarrow 3').
    • N'oublie pas que l'uracile (U) remplace la thymine (T) dans l'ARNm.
    • Utilise un tableau du code génétique si fourni.

Pièges classiques

  • Confusion brin transcrit / brin non transcrit : Si l'énoncé donne le brin non transcrit (codant), il faut d'abord trouver le brin transcrit (matrice) pour synthétiser l'ARNm, ou directement remplacer T par U dans le brin non transcrit pour obtenir l'ARNm. Si l'énoncé donne le brin transcrit, l'ARNm est son complémentaire avec U à la place de T.
    • Exemple : ADN (brin non transcrit) : 5ATGCCCTAG35'-ATG-CCC-TAG-3' ARNm : 5AUGCCCUAG35'-AUG-CCC-UAG-3' ADN (brin transcrit) : 3TACGGGATC53'-TAC-GGG-ATC-5' ARNm : 5AUGCCCUAG35'-AUG-CCC-UAG-3'
  • Oubli du codon initiateur et des codons stop : La traduction commence toujours par AUG (Méthionine) et s'arrête aux codons stop (UAA, UAG, UGA). La protéine ne contient pas les codons stop.
  • Erreur dans le sens de lecture : L'ARNm est toujours lu 535' \rightarrow 3'.
  • Confondre transcription et réplication : La transcription produit de l'ARNm à partir d'un gène, la réplication produit deux molécules d'ADN identiques à partir d'une seule.
  • Manque de précision dans les définitions : Utilise le vocabulaire scientifique exact (ex: "nucléotide" et non "base").
  • Interprétation avant la description : Décris toujours les observations avant d'en tirer des conclusions.

Ce qui tombe à l'examen

Ce chapitre est systématiquement évalué, souvent sous forme d'exercices d'analyse de documents. La pondération est d'environ 18% du total de la note de SVT.

Format des questions :

  • Restitution des connaissances (environ 25% de la note totale de SVT, soit ~5 pts) :

    • Définitions de termes clés (transcription, traduction, code génétique, enzyme de restriction, plasmide, transgénèse).
    • QCM ou vrai/faux sur les mécanismes ou les caractéristiques du code génétique.
    • Appariement de termes et de définitions.
    • Questions courtes sur les étapes de la transcription/traduction ou les outils du génie génétique.
    • Exemple : "Définir : Transcription." ou "Citer les caractéristiques du code génétique."
  • Raisonnement scientifique + communication écrite/graphique (environ 75% de la note totale de SVT, soit ~15 pts) :

    • Analyse de documents : C'est la partie la plus importante. On te donnera des documents (schémas, graphiques, séquences d'ADN/ARNm/protéines, résultats d'expériences) et tu devras :
      • Décrire des observations.
      • Comparer des résultats.
      • Interpréter des données pour déduire un mécanisme (ex: la réplication semi-conservative, l'effet d'une mutation).
      • Établir la relation ADN → ARNm → protéine à partir de séquences.
      • Expliquer l'origine génétique d'une maladie (mutation, conséquence sur la protéine, sur le phénotype).
      • Exploiter des techniques du génie génétique (ex: comment produire une protéine recombinante, comment créer un OGM).
      • Proposer des hypothèses ou des solutions.
    • Calculs : Parfois, on te demandera de calculer des pourcentages ou des fréquences.
    • Schémas : Réaliser un schéma explicatif d'un mécanisme (ex: transcription, traduction, formation d'un plasmide recombinant).

Exemples d'annales réelles (comme celles que tu as vues) :

  • Exercice sur la maladie de Wilson : On te donne des données sur une protéine ATP7B et des séquences génétiques. On te demande de montrer que le génotype détermine le phénotype, et d'expliquer l'origine génétique de la maladie en analysant les séquences (mutation, ARNm, protéine, phénotype).
    • Ceci évalue ta capacité à relier ADN → ARNm → protéine → phénotype.
  • Exercice sur la réplication de l'ADN : Comme l'exemple résolu, on te présente une expérience avec marquage radioactif et tu dois décrire, déduire le mécanisme (réplication semi-conservative) et son importance.
    • Ceci évalue ta compréhension des mécanismes fondamentaux de l'information génétique.

Conseils pour l'examen :

  • Précision du vocabulaire : Utilise les termes scientifiques exacts.
  • Logique du raisonnement : Tes déductions doivent découler directement des documents et de tes connaissances.
  • Qualité des schémas : S'ils sont demandés, ils doivent être clairs, légendés et respecter les conventions.
  • Gestion du temps : Les exercices de raisonnement sont longs, entraîne-toi à les faire dans le temps imparti.

Ce chapitre est une base solide pour la génétique. Maîtrise bien les mécanismes et les outils, et tu seras prêt pour les questions d'examen.

Exercices corrigés

Exercice 1·Facile

Restitution : définir la transcription et la traduction, puis préciser où se déroule chacune dans une cellule eucaryote.

Voir la correction

La transcription est la synthèse d'une molécule d'ARN messager (ARNm) à partir d'un brin d'ADN servant de matrice, catalysée par l'ARN polymérase ; chez l'eucaryote elle se déroule dans le noyau. La traduction est la synthèse d'une protéine (enchaînement d'acides aminés) à partir de la séquence de codons de l'ARNm, réalisée par les ribosomes avec l'aide des ARN de transfert ; elle se déroule dans le cytoplasme.

Restitution des connaissances : donner une définition exacte de chaque processus + localisation cellulaire (vocabulaire précis exigé).

Exercice 2·Moyen

Raisonnement : on donne le brin transcrit d'ADN suivant : 3'-TAC GGA TTA ACT-5'. En utilisant le tableau du code génétique, déterminer la séquence de l'ARNm, celle des codons, et la séquence d'acides aminés du peptide obtenu.

Voir la correction

L'ARNm est complémentaire et antiparallèle du brin transcrit, avec U à la place de T : ARNm = 5'-AUG CCU AAU UGA-3'. Découpage en codons : AUG / CCU / AAU / UGA. Traduction d'après le code : AUG = Méthionine (codon initiateur), CCU = Proline, AAU = Asparagine, UGA = codon STOP (aucun acide aminé, arrêt de la traduction). Peptide obtenu : Méthionine - Proline - Asparagine.

Exploitation de documents : appliquer les règles de complémentarité antiparallèle (A-U, T-A, G-C, C-G), respecter le sens de lecture 5'→3', puis lire correctement le tableau du code génétique jusqu'au codon stop.

Exercice 3·Moyen
  1. En se basant sur le document 1, montrer que le génotype détermine le phénotype chez les deux personnes. (1pt)
Voir la correction
  1. Relation entre le génotype et le phénotype :
    • Chez la personne saine (WT//WT), le génotype homozygote pour l'allèle sauvage (WT) conduit à la sécrétion de FIB-1 normale. Cette FIB-1 normale forme des microfibrilles normales dont l'assemblage est normal, assurant la conservation et l'élasticité du tissu conjonctif. Le phénotype est donc une personne saine.
    • Chez la personne atteinte du syndrome de Marfan (WT//MUT), le génotype hétérozygote (WT//MUT) conduit à la sécrétion de FIB-1 normale et anormale. Ces deux types de FIB-1 forment des microfibrilles normales et anormales, dont l'assemblage est anormal. Cela entraîne une dégradation du tissu conjonctif et une diminution de son élasticité. Le phénotype est donc une personne atteinte.
  1. Identifier le génotype de chaque personne (saine et atteinte).
  2. Décrire les caractéristiques de la fibrilline-1 (FIB-1) et la formation des microfibrilles pour chaque génotype.
  3. Expliquer l'état du tissu conjonctif résultant de ces caractéristiques.
  4. Conclure sur le phénotype final en lien avec le génotype.
Exercice 4·Moyen

Exercice 2 : (3,5 pts)

Les personnes atteintes de la maladie de Wilson souffrent d'une fatigue, d'un amaigrissement, de troubles digestifs, du jaunissement, et de troubles hépatiques liés à la régulation du stock de cuivre dans l'organisme, cette régulation fait intervenir une protéine dite ATP7B. Pour mettre en évidence l'origine génétique de cette maladie on propose les données suivantes :

Le document 1 montre le trajet du cuivre en excès dans l'organisme chez une personne saine (figure a) et une personne atteinte de la maladie de Wilson (figure b).

  1. En vous basant sur le document 1, comparez le trajet du cuivre dans la cellule hépatique normale et dans la cellule hépatique d'une personne atteinte de la maladie de Wilson et déduisez la cause de la maladie de Wilson. (1.5 pt)

La synthèse de la protéine ATP7B est contrôlée par le gène ATP7B localisé sur le chromosome 13. Le document 2 montre la séquence nucléotidique d'un fragment du brin non transcrit du gène ATP7B chez une personne saine et une personne atteinte par la maladie de Wilson et le document 3 présente le tableau du code génétique.

  1. En vous basant sur les documents 2 et 3, déterminez la séquence d'acides aminés de la protéine ATP7B correspondante à la personne saine et à la personne atteinte. (1 pt)

  2. À partir de ce qui précède, expliquez l'origine génétique de la maladie de Wilson. (1 pt)

Document 1

Document 2

Document 3

Voir la correction
  1. Comparaison du trajet du cuivre et déduction de la cause de la maladie :
  • Dans l’hépatocyte d’une personne saine, le cuivre est lié à la protéine ATP7B, ce qui permet son élimination dans la bile.
  • Dans l’hépatocyte d’une personne atteinte de la maladie de Wilson, le cuivre ne se fixe pas sur la protéine ATP7B, ce qui empêche son élimination par la bile d’où l’accumulation du cuivre dans les cellules hépatiques. Déduction : La maladie est due au dysfonctionnement de la protéine ATP7B, ce qui empêche l'élimination du cuivre par la bile et aboutit à une accumulation du cuivre dans les hépatocytes.
  1. Séquence d'ARNm et d'acides aminés :
  • L’allèle normal ATP7B : ARNm: CUG GGC CGG UGG CUG Séquence d’acides aminés: Leu - Gly - Arg - Trp - Leu
  • L’allèle anormal ATP7B : ARNm: CUG GGC CUG UGG CUG Séquence d’acides aminés: Leu - Gly - Leu - Trp - Leu
  1. Explication de l’origine de la maladie de Wilson : Une mutation par substitution du nucléotide G par T au niveau du triplet 778 du brin non-transcrit du gène codant la synthèse de ATP7B (ou substitution de C par A au niveau du brin transcrit) entraîne la substitution de l’Arginine (Arg) par la Leucine (Leu) au niveau de la position 778 de la séquence des acides aminés de la protéine ATP7B. Cette protéine ATP7B non fonctionnelle est incapable de fixer le cuivre, ce qui conduit à l'accumulation du cuivre dans les tissus et à un excès de cuivre circulant, provoquant l'apparition de la maladie de Wilson.
  1. Comparer les schémas du document 1 pour identifier les différences dans le métabolisme du cuivre entre une personne saine et une personne malade, puis déduire la cause de la maladie.
  2. Utiliser la séquence du brin non transcrit du gène ATP7B (document 2) et le code génétique (document 3) pour déterminer les séquences d'ARNm et d'acides aminés correspondantes pour l'allèle normal et l'allèle anormal.
  3. Expliquer l'origine génétique de la maladie de Wilson en identifiant la mutation spécifique, son impact sur la séquence protéique, et les conséquences fonctionnelles de la protéine mutée.
Exercice 5·Moyen

Exercice 2 (3 pts)

Pour étudier certains aspects de la transmission et d’expression de l’information génétique, on propose les données suivantes.

• Au cours de chaque cycle cellulaire, la cellule subit un ensemble de phénomènes biologiques qui interviennent dans le maintien de l’information génétique lors de sa transmission d’une cellule à une autre. Pour mettre en évidence un de ces phénomènes ainsi que son importance, on propose l’expérience présentée par le document 1. Remarque : La thymidine (T) est utilisée dans la synthèse d’ADN.

1- Expliquez les résultats de l’expérience du document 1, en justifiant votre réponse à l’aide d’un schéma adéquat du phénomène biologique mis en évidence. (1.5 pts)

• Le Xeroderma pigmentosum de type B est une maladie génétique rare, caractérisée par une hypersensibilité aux rayons UV, et provoque des lésions au niveau de la peau et des yeux qui peuvent évoluer en cancers. Cette maladie est la conséquence de la perte des cellules de leur capacité à réparer les erreurs au niveau de l’ADN. Les UV provoquent des modifications de la structure de l’ADN en formant des liaisons covalentes entre 2 thymines (T) successives du même brin de l’ADN. À l’état normal, cette aberration est corrigée par l’intervention d’une enzyme appelée ERCC3 avant la duplication de l’ADN. Le document 2 résume le mode d’action de cette enzyme.

Le document 3 présente la séquence nucléotidique d’une partie du gène codant pour l’enzyme ERCC3 chez un individu sain et un autre individu atteint de XPB. Le tableau du document 4 donne un extrait du code génétique.

2- En utilisant les données des documents 2, 3 et 4, déterminez la séquence des acides aminés correspondante à chaque partie du gène contrôlant la synthèse de la protéine ERCC3 chez les deux individus étudiés, et expliquez l’origine génétique de cette maladie. (1.5pts)

Document 1

Document 2

Document 3

Document 4

Voir la correction
    • Transfert d’une plantule de fève d’un milieu normal à un milieu riche en thymidine radioactive — insertion de la thymidine dans l'ADN au cours de sa réplication — obtention de molécules d'ADN ayant un brin radioactif — les deux chromatides des chromosomes métaphasiques sont radioactifs.
  • Transfert de la plantule de fève précédente dans un milieu normal non radioactive — insertion de la thymidine non radioactive dans l’ADN au cours de sa réplication — obtention de 2 types de molécule d'ADN, l’une dont un brin est radioactif, l’autre avec les deux brins non radioactifs — l’un des deux chromatides de chaque chromosome métaphasique est radioactif.
  • Réalisation d’un schéma adéquat de la duplication de l'ADN.
  1. Séquence d’acides aminés correspondante à la partie du gène codant la synthèse de la protéine ERCC3 chez l’individu sain: ARNm : CCA ACU UGU GAU AAC UGC Séquence d’acides aminés : Pro - Thr - Cys - Asp - Asn - Cys Séquence d’acides aminés correspondante à la partie du gène codant la synthèse de la protéine ERCC3 chez l’individu atteint de XPB: ARNm: CCA AUU GUG AUA ACU GCA Séquence d’acides aminés : Pro - Ile - Val - Ile - Thr - Ala Explication : Mutation par délétion du nucléotide G au niveau du triplet 67 du brin transcrit de l'ADN (délétion du nucléotide C au niveau du brin non transcrit de l'ADN) — synthèse d’une protéine ERCC3 inefficace — ERCC3 incapable de réparer les erreurs au niveau de l'ADN — apparition de la maladie XPB.
  1. Expliquer les étapes de l'expérience du document 1, en se basant sur le principe de la réplication semi-conservative de l'ADN et en illustrant avec un schéma.
  2. Utiliser les documents 3 et 4 pour transcrire les séquences d'ADN en ARNm, puis traduire en séquences d'acides aminés pour l'individu sain et l'individu atteint. Comparer les séquences pour identifier la mutation et expliquer son impact sur la protéine ERCC3 et la maladie XPB.
Exercice 6·Moyen

Partie II : Raisonnement scientifique et communication écrite et graphique (15 pts) Exercice 1 (5 pts)

I. L’anémie de Blackfan-Diamont est une maladie héréditaire rare, caractérisée particulièrement par un manque important en globules rouges et en hémoglobine contenue dans ces cellules. Elle est caractérisée aussi par une faiblesse musculaire et des problèmes cardiaques et respiratoires. Afin de déterminer l’origine génétique de cette maladie, on propose les données suivantes :

• Donnée 1 : On mesure la quantité des grandes sous-unités et celle des petites sous-unités des ribosomes chez un individu sain et chez un individu malade. La figure (a) du document 1 donne les résultats obtenus. La figure (b) montre l’intervention des ribosomes au cours de la synthèse de l’hémoglobine au niveau des cellules précurseurs des globules rouges chez un individu sain et chez un individu malade.

• Donnée 2 : Les analyses ont montré que les cellules précurseurs des globules rouges chez les personnes malades présentent un déficit dans la production de la protéine RSP19 nécessaire à la formation des petites sous-unités ribosomiques. Les chercheurs ont identifié le gène codant pour cette protéine. Le document 2 présente un fragment du brin non transcrit de l’allèle normal et un autre de l’allèle anormal responsable de la maladie. Le document 3 présente un extrait du code génétique.

Numéros des triplets :111520
Fragment non transcrit de l’allèle normalCAGCAGGAGTTCGTCAGAGCCCTAAGAAGA
Fragment non transcrit de l’allèle anormalCAGCAGGAGTTCTTCAGAGCCCGAAGAAGA

Document 3

1- En vous basant sur la figure (a) du document 1, comparez la quantité des petites sous unités à celle des grandes sous-unités des ribosomes chez l’individu sain puis chez l’individu malade. Expliquez à partir de la figure (b), le manque en hémoglobine observé chez l’individu malade. (1pt) 2- En vous basant sur les documents 2 et 3, donnez les séquences d’ARNm et des acides aminés correspondant aux fragments de l’allèle normal et de l’allèle anormal, puis montrez la relation gène – protéine – caractère. (1,5 pts)

Document 1

Document 2

Voir la correction
  1. Comparaison :
  • Chez l'individu sain : la quantité des grandes sous-unités est égale à celle des petites sous-unités (=46 UA).
  • Chez l’individu malade : la quantité des petites sous-unités (=23 UA) ne représente que la moitié de la quantité des grandes sous-unités (=46 UA). Explication : Le manque de petites sous-unités ribosomiques par rapport aux grandes sous-unités entraîne la formation d’une faible quantité de ribosomes fonctionnels, ce qui conduit à une faible traduction de l’ARNm d’hémoglobine et, par conséquent, à une faible quantité d’hémoglobine.
  1. Séquences d’ARNm et d’acides aminés :
  • Fragment de l’allèle normal : ARNm : CAG CAG GAG UUC GUC AGA GCC CUA AGA AGA Peptide : Gln - Gln - Ac.Glu - Phe - Val - Arg - Ala - Leu - Arg - Arg
  • Fragment de l’allèle anormal : ARNm : CAG CAG GAG UUC UUC AGA GCC CGA AGA AGA Peptide : Gln - Gln - Ac.Glu - Phe - Phe - Arg - Ala - Arg - Arg - Arg Relation gène – protéine – caractère :
  • Deux mutations par substitution au niveau du brin non transcrit : une substitution de G par T au niveau du triplet 15 et une substitution de T par C au niveau du triplet 18.
  • Synthèse de la protéine RSP19 anormale (non fonctionnelle), ce qui diminue la quantité des petites sous-unités ribosomiques.
  • Formation d’une faible quantité de ribosomes fonctionnels.
  • Faible production d’hémoglobine dans les globules rouges, conduisant à l’apparition de la maladie Blackfan-Diamont (caractère).
  1. Comparer les quantités de sous-unités ribosomiques chez l'individu sain et malade à partir de la figure (a). Expliquer le manque d'hémoglobine chez le malade en se basant sur la figure (b) et le rôle des ribosomes.
  2. À partir des documents 2 et 3, déduire les séquences d'ARNm et d'acides aminés pour les allèles normal et anormal. Ensuite, établir la relation entre le gène muté, la protéine anormale et le caractère phénotypique de la maladie.

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